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Leurs voisins ont une digue, pas eux

Des Lavallois sévèrement inondés affirment se sentir abandonnés par les autorités municipales

Vanessa Faucher et son ami observent du balcon la digue érigée juste de l’autre côté de la 20e rue, à Laval.
Photo Martin Alarie Vanessa Faucher et son ami observent du balcon la digue érigée juste de l’autre côté de la 20e rue, à Laval.

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Des Lavallois ont subi un choc vendredi en constatant qu’ils seraient exclus de la protection offerte par une immense digue érigée juste en face de chez eux pour protéger le quartier voisin.

« Il n’y a pas d’autres mots, on se sent condamnés par la Ville », lâche Vanessa Faucher, qui a traversé la rue devant chez elle, de l’eau jusqu’à la poitrine, pour s’entretenir avec Le Journal, samedi.

Le contraste est frappant entre les deux côtés de la rue séparée par l’immense mur de sacs de sable.
Photo Martin Alarie
Le contraste est frappant entre les deux côtés de la rue séparée par l’immense mur de sacs de sable.

Tout comme les propriétaires d’une vingtaine de maisons avoisinantes, sa résidence est exclue d’une zone de Laval Ouest protégée par une immense digue érigée de toute urgence vendredi dernier.

Sur la 25e Avenue, le contraste est frappant entre les deux côtés de l’immense pile formée de sacs de sable plus haute qu’un homme, à la hauteur de la 20e Rue. Côté protégé, l’eau arrive aux chevilles et des voitures sont encore stationnées dans la rue. Et côté inondé, l’eau atteint facilement les épaules et des bernaches se baladent entre les maisons.

Pas informée

Vanessa Faucher affirme n’avoir eu aucune information des autorités municipales. C’est en voyant des employés municipaux ériger la digue qu’elle a compris qu’elle ne protégerait pas sa maison.

Vanessa Faucher et son ami observent du balcon la digue érigée juste de l’autre côté de la 20e rue, à Laval.
Photo Martin Alarie

« C’est ordinaire. On paie des taxes comme les autres. Pourquoi on n’a pas le droit d’être protégés comme eux ? Mon voisin est au gazon, moi j’ai trois pieds d’eau chez nous », déplore Jason Bernier, propriétaire de trois maisons inondées dans ce secteur.

Pire encore, ces exclus rencontrés les pieds dans l’eau affirment que la digue ne fait que renforcer la pression sur les quelques protections de fortune qu’ils ont pu ériger autour de chez eux.

Vanessa Faucher et son ami observent du balcon la digue érigée juste de l’autre côté de la 20e rue, à Laval.
Photo Martin Alarie

« Il me reste 10 pouces environ avant que l’eau ne dépasse mon solage. Après ça, il ne va plus rester qu’à évacuer », soupire Mme Faucher.

Rien à redire

Jean-François Belly, un autre résident de la zone exclue sorti chercher de la visite à bord d’un petit canot gonflable, semblait quant à lui plus zen.

« Je n’ai rien à dire contre les employés de la Ville qui ont tout fait pour nous aider à placer nos sacs, à nous préparer », dit-il. Mais il s’interroge sur la stratégie adoptée par les autorités municipales.

Vanessa Faucher et son ami observent du balcon la digue érigée juste de l’autre côté de la 20e rue, à Laval.
Photo Martin Alarie

« Ils devaient le savoir qu’on serait inondés. Pourquoi ne s’y sont-ils pas pris d’avance pour dresser la digue plus près de la rive ? Elle aurait dû être là. C’est ça qui est plate », affirme-t-il, ajoutant que des voisins ont commencé à récolter les noms des citoyens touchés en vue d’un éventuel recours en justice.

À Laval, le porte-parole Louis-Philippe Dorais a assuré qu’on tentait de communiquer le mieux possible avec les citoyens.

Vanessa Faucher et son ami observent du balcon la digue érigée juste de l’autre côté de la 20e rue, à Laval.
Photo Martin Alarie

« On a tout étudié de la situation pour savoir où était l’endroit le plus stratégique pour aider les citoyens. Ç’a été choisi parce que c’était physiquement faisable de la faire là, et ça allait sauver une centaine de maisons au moins », a-t-il expliqué samedi soir.

« C’est sûr que ça peut mener à de l’insatisfaction si tu n’as pas une grosse digue comme ça devant chez toi », a-t-il aussi admis.

Vanessa Faucher et son ami observent du balcon la digue érigée juste de l’autre côté de la 20e rue, à Laval.
Photo Martin Alarie
Vanessa Faucher et son ami observent du balcon la digue érigée juste de l’autre côté de la 20e rue, à Laval.
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