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Une usine en Gaspésie offre un salaire moins élevé aux femmes

Des élus dénoncent qu’une entreprise gaspésienne offre un salaire moindre aux femmes

Une usine en Gaspésie offre un salaire moins élevé aux femmes
Capture d'écran, Google Street view

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Une offre d’emploi publiée par une entreprise gaspésienne de pêcherie a soulevé l’indignation de la classe politique, hier, alors qu’on y proposait explicitement un salaire horaire moins élevé pour une femme que pour un homme pour le même poste. 

Dans son offre, l’entreprise Unipêche M.D.M. Paspébiac cherchait à pourvoir un poste à temps plein dans son usine de la route du Banc. Elle proposait un salaire horaire de 13,28$ pour un homme, contre 12,69$ pour une femme. 

  

«C’est clairement de la discrimination sexiste», s’indigne Sylvain Roy, député de Bonaventure, où est établie l’entreprise.L’élu péquiste a partagé et dénoncé l’offre «inacceptable et indécente» sur les réseaux sociaux, interpellant la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) pour qu’elle entame une enquête.  

La CNESST a indiqué qu’elle et la Commission des droits de la personne et de la jeunesse allaient « coordonner leurs actions respectives » pour intervenir. 

Les ministres Jean Boulet, du ministère du Travail, et Isabelle Charest, à la Condition féminine, se sont aussi levés contre la proposition de l’entreprise. 

«En 2019, l’égalité, c’est non-négociable», a signifié Mme Charest, sur Twitter, disant s’être entretenu avec son collègue du Conseil des ministres pour «prendre les choses en main» quant à cette situation «totalement inacceptable». 

L’annonce a été affichée au moins 24 heures, jusqu’à ce qu’elle soit modifiée hier après-midi pour remplacer le passage controversé par la mention d’un «salaire concurrentiel». 

Dans un communiqué diffusé samedi soir, Unipêche M.D.M. Paspébiac a fait une «mise au point» dans laquelle l’entreprise met la faute sur une formulation «traditionnelle» dans le milieu des pêcheries. Elle se défend qu’il existe des «lignes d’hommes» et des «lignes de femmes», dont le nom serait sans réel égard au sexe et dont les tâches sont différentes. 

«La formulation doit être révisée», convient l’entreprise, assurant respecter des principes d’équité salariale. 

Entreprise controversée 

C’est la deuxième fois en un peu plus d’un mois que l’entreprise Unipêche M.D.M. Paspébiac fait la manchette pour les mauvaises raisons. À la mi-mars, elle annonçait la fermeture temporaire de son usine de transformation de Gaspé, ce qui coïncidait avec la syndicalisation des quelque 80 employés. 

«C’est un sentiment d’impunité qui existe dans le secteur, où on pense qu’on peut faire à peu près n’importe quoi, faire n’importe quoi. [...] Ce sont des monopoles extrêmement puissants. Ils sont devenus tellement puissants qu’ils font la loi et l’ordre », s’inquiète Sylvain Roy, qui appelle à ce que soit amorcée une « réflexion globale » sur l’industrie de la pêche. 

  

 - Avec l’Agence QMI