/news/green
Navigation

Inondations: plus de 600 M$ à l’eau

Certaines résidences de Sainte-Marthe-sur-le-Lac ont une valeur élevée

FD-DIGUE STE-MARTE-SUR-LE-LAC
Photo courtoisie TVA Nouvelles, Kariane Bourassa

Coup d'oeil sur cet article

Certaines des 2500 maisons inondées à Sainte-Marthe-sur-le-Lac valaient leur pesant d’or... jusqu’à ce que le lac des Deux Montagnes les engloutisse. Un rapide calcul permet d’estimer à plus de 600 M$ la valeur des propriétés se trouvant dans le secteur inondé.

Le prix médian des propriétés vendues au deuxième semestre de 2018 dans la municipalité est de 258 000 $, et la moyenne est de 255 000 $ pour le secteur touché, selon des données tirées du site d’information immobilière JLR.

Le Journal a utilisé ce dernier chiffre, plus conservateur, pour estimer la valeur potentielle du parc immobilier se trouvant dans le secteur, de la 1re à la 45e avenue et au sud du Chemin d’Oka.

Tous les propriétaires des 2500 maisons n’ont pas tout perdu, mais plusieurs centaines d’entre eux devront assurément encaisser la perte totale de leur immeuble.

Sainte-Marthe compte de nombreux grands domaines construits dans les dernières années, directement sur la rive du lac des Deux Montagnes.

À quelques mètres de l’eau, rue Robert, une maison venait tout juste d’être revendue, fin mars, pour près de 1,8 M$.

Un autre secteur, plus loin de l’eau, comprend des maisons mobiles dont la valeur est plus modeste.

Le coin compte de nombreuses familles avec enfants : 88 % de la population a moins de 65 ans.

200 000 $ pour déménager

Lundi dernier, le premier ministre François Legault a annoncé une aide de 100 000 $ ou 50 % du coût de reconstruction à neuf pour rénover les maisons inondées. Une fois ce montant atteint, Québec veut offrir 200 000 $ pour détruire ou déplacer la résidence, ou acheter une autre maison.

Le gouvernement offrirait aussi une indemnité pouvant atteindre 50 000 $ pour le terrain.

La zone inondée (en rouge) représente le tiers de la superficie de la municipalité. Selon le ministère de l’Environnement, seulement deux résidences se trouvaient dans une zone inondable aux 20 ans.
La zone inondée (en rouge) représente le tiers de la superficie de la municipalité. Selon le ministère de l’Environnement, seulement deux résidences se trouvaient dans une zone inondable aux 20 ans.

 

Cas précis

► Rue Robert, à un jet de pierre du lac des Deux Montagnes, une maison vient d’être vendue pour près de 1,8 M$. La Banque Toronto-Dominion a accordé un prêt hypothécaire de plus de 1,1 M$.

Les actes mentionnent des servitudes accordées à la Ville de Sainte-Marthe-sur-le-Lac pour la digue de protection qui a cédé.

► Rue Lambert, un petit bungalow construit en 1979 avec un terrain de 4525 pieds carrés directement sur le bord de l’eau était en vente pour près de 550 000 $. « Magnifique vue sur le lac Deux Montagnes », dit l’annonce sur le site de courtage Centris.

FD-DIGUE STE-MARTE-SUR-LE-LAC
Photo Agence QMI, Mario Beauregard

► Certaines propriétés sont construites directement dans la zone inondable 0-20 ans, comme une propriété de la 20e avenue, juste devant la rive, dotée d’une piscine. Depuis sa dernière revente en 2010 pour 83 160 $, sa valeur a bondi à 300 000 $, selon l’évaluation de la Ville de Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

Les pires sinistres au Québec

1917

En plein mois de juillet, Saint-Georges-de-Beauce croule sous les débordements de la rivière Chaudière dans ce qui serait possiblement l’inondation la plus importante de la ville. L’eau monte jusqu’à 30 pieds au-delà de son niveau habituel. Des dizaines de ponts et bâtisses sont emportés par le courant, un citoyen de Saint-Georges retrouvant même sa résidence à Saint-Joseph.

1974

Plus de 300 municipalités à travers la province sont touchées par le débordement de diverses rivières et du fleuve Saint-Laurent. L’inondation a fait quelque 7000 sinistrés, dont 3000 à Maniwaki.

1987

Une crue éclair causée par des orages et une forte pluie envahit Montréal. Environ 350 000 foyers sont privés d’électricité et environ 40 000 résidences sont inondées. Deux personnes perdent la vie, une noyée dans son véhicule submergé et une électrocutée.

1996

Le Saguenay est marqué au fer rouge par un déluge sans précédent, résultat d’une tempête en juillet et du trop-plein d’eau affligeant certains barrages en amont de la rivière Saguenay. Les habitations sur les berges, mais aussi d’autres en zone non inondable, sont balayées. L’évacuation de 16 000 personnes est forcée, et le drame culmine avec 10 décès.

1998

En début janvier, le sud du Québecest touché par plus de 80 millimètres de pluie verglaçante, plongeant plusieurs villes dans la crise du verglas Quelque 600 000 personnes doivent quitter leur résidence. Le déploiement des forces armées est impressionnant, alors que 16 000 militaires aident au Québec et en Ontario.

2017

Montréal déclare l’état d’urgence en mai après d’importantes précipitations et le bris de trois digues. Les dégâts se font sentir à travers la province alors que 1900 maisons dans 130 municipalités sont évacuées de Montréal à Gaspé. Environ 1200 soldats sont déployés pour prêter main-forte.