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Combien vaut un gardien?

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Photo d'archives, Ben Pelosse Certaines équipes cherchent des gardiens au rabais, mais Sergei Bobrovsky obtiendra cet été un contrat qui lui rapportera environ 10 millions de dollars.

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Les séries éliminatoires font réfléchir les directeurs généraux et l’une des questions qu’ils se posent est la suivante : « Quel salaire dois-je accorder à mon gardien ? » Dix millions $ ? Cinq millions $ ? Un million $ ?

Le nouveau discours n’est pas très prometteur pour les gardiens et leurs agents. On se demande si on ne reverra pas une mode où les directeurs généraux recherchent des gardiens numéro un au rabais comme c’était le cas des Antero Niittymaki, Michael Leighton, Antti Niemi, Chris Mason ou Brian Elliott, autour des années 2010.

Plusieurs gardiens négligés ont fait écarquiller les yeux depuis le début des séries éliminatoires et voici le constat :

Petr Mrazek gagne 1,5 M$ en Caroline, et il a été meilleur que Braden Holtby, des Capitals, à 5 M$. Robin Lehner, des Islanders (1,5 M$) a été meilleur que Matt Murray, des Penguins, à 3,5 M$.

Jordan Binnington (650 000 $) à St. Louis a délogé Jake Allen, qui gagne 4,3 M$. Binnington a eu le meilleur sur Connor Hellebuyck, des Jets, à 7 M$.

Philipp Grubauer, au Colorado, gagne 3,3 M$ et il a tassé Semyon Varlamov, qui gagne 5,5 M$.

Grubauer a eu le dessus sur Mike Smith, des Flames, un gardien à 5 M$.

Ça porte à réfléchir, d’autant plus que quelques gardiens à gros salaires n’ont pas participé aux séries éliminatoires. C’est le cas de Carey Price, du Canadien (10,5 M$), Jonathan Quick, des Kings (7 M$), Henrik Lundqvist, des Rangers (7 M$), Corey Crawford, des Blackhawks (6 M$, il a été blessé), Devan Dubnyk, du Wild (5 M$), et Craig Anderson, des Sénateurs (5,5 M$).

C’est dans ce contexte que Sergei Bobrovksy réclamera un salaire comparable à Price, soit 10 millions et plus.

Bobrovsky aura ses 10 millions

À mon avis, Bobrovsky obtiendra un salaire comparable à celui de Price et possiblement davantage s’il amène les Blue Jackets en finale ou à la coupe Stanley. À 31 ans, toutefois, je ne crois pas qu’il ira chercher un pacte de huit ans.

Bobrovsky a déjà deux trophées Vézina dans son sac et il connaît enfin des séries dignes de son immense talent. Son arrêt en prolongation contre Patrice Bergeron, samedi soir, était incroyable. Il a volé ce match !

Il suffit que deux ou trois équipes soient dans la lutte pour qu’il obtienne le contrat qu’il désire et je les vois déjà : les Blue Jackets, les Panthers et les Oilers.

Pression sur les DG

Je ne veux rien enlever aux Mrazek, Grubauer, Lehner et compagnie, mais une équipe qui veut aspirer à la coupe Stanley, saison après saison, doit avoir un véritable gardien numéro un. Les Oilers, qui collectionnent les premiers choix au repêchage depuis des années, ont misé sur Cam Talbot et récemment, sur Mikko Koskinen. On a vu le résultat.

Les gardiens à rabais, c’est un piège. Une équipe négligée qui espère causer des surprises à court terme peut s’en contenter, et qui sait ? L’espace d’un printemps, ça peut rapporter, mais pour le long terme, c’est autre chose.

Je ne dis pas qu’une équipe aspirante doive absolument payer 10 M$ pour un gardien, mais elle doit investir et en avoir un de premier plan.

Je vous parlais de la nouvelle mentalité « all-in » la semaine dernière. Que le Canadien paie Carey Price 10 M$, ça me va. Mais au moins, qu’on tente le tout pour le tout, et qu’on l’entoure ! Qu’on atteigne le plafond salarial ! Je ne veux pas entendre que de bons jeunes s’en viennent. La nouvelle mentalité est qu’il faut gagner maintenant !

Les directeurs généraux auront beaucoup de pression cet été. Ça va bouger et je crois qu’ils auront même recours aux offres hostiles. C’est un raccourci envisageable. À Marc Bergevin de nous surprendre.

– Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets

L’élimination de Vegas

Tout ce qui monte finit par redescendre. La loi de Murphy s’est brutalement appliquée aux Golden Knights de Vegas. Je me sens mal pour Marc-André Fleury et je suis passé par là en 2002. On menait 2-1 dans la série et 3 à 0 en début de troisième période contre les Hurricanes de la Caroline. Une pénalité de banc nous a coûté un but et tout s’est écroulé. On a perdu en prolongation et on ne s’en est jamais remis. La pénalité de cinq minutes était une mauvaise décision et j’aurais aimé voir un communiqué avec des explications et des excuses des arbitres. Au moins, les Knights seront encore une menace l’an prochain.

Mes Capitals sortis

Après avoir pris des avances de 2-0 et de 3-2 dans la série, mes Capitals ont été éliminés par les surprenants Hurricanes de la Caroline.

Braden Holtby n’a pas fait le travail dans cette série, et il commence à être une source d’inquiétude. Je crois que les Capitals ont pris les Hurricanes à la légère. De l’autre côté, j’aime la chimie dans cette équipe et quand je dis chimie, je dis attitude. J’ai critiqué leurs célébrations d’après-match en début de saison, mais ça fait partie de leur identité. Tout le monde participe et ça démontre que les joueurs ont du plaisir ensemble, ce qui explique en partie leurs succès.

Déception à Toronto

Si la chimie est bonne en Caroline, elle l’est moins à Toronto et la chimie – ou l’attitude – est en grande partie le travail de l’entraîneur. Il y a des ajustements à faire dans cette équipe, et la brigade défensive est encore problématique malgré l’acquisition de Jake Muzzin. Frederik Andersen a connu de bons moments, mais encore une fois, il a flanché dans le septième match de la série contre les Bruins de Boston. J’ai hâte de voir quels changements la direction va apporter à cette formation.