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Commotions : Ken Dryden interpelle Gary Bettman

Commotions : Ken Dryden interpelle Gary Bettman
Jocelyn Malette

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Ken Dryden a rédigé une lettre ouverte dans divers quotidiens de langue anglaise, mardi, à la veille d’une présentation du commissaire de la Ligue nationale de hockey (LNH), Gary Bettman, devant le Sous-comité sur les commotions cérébrales liées aux sports au Canada du gouvernement fédéral.

L’ancien ministre et ex-président des Maple Leafs de Toronto a d’ailleurs écrit une quinzaine de questions que les membres du Sous-comité pourraient poser au grand patron de la LNH; cette organisation a souvent été critiquée durant les dernières années en raison des blessures à la tête subies par plusieurs joueurs et des conséquences à long terme de ce type de problème sur la santé en général. Beaucoup ont aussi déploré le laxisme de la ligue à ce sujet et il semble bien que Dryden soit au nombre de ses dénigreurs.

Dans un texte diffusé par le groupe de presse Postmedia Network, l’ex-gardien du Canadien de Montréal soulève de multiples interrogations.

«Y a-t-il un lien entre l’encéphalopathie traumatique chronique [CTE] et le hockey? [...] Vous êtes commissaire depuis 1993 et lors des 26 dernières années, quels changements avez-vous notés dans le hockey? [...] Croyez-vous avoir une part de responsabilités auprès des jeunes souhaitant jouer au hockey? [...] Pensez-vous que la LNH a un problème avec les blessures à la tête? [...] Y a-t-il une différence selon vous si le coup porté provient du bâton ou du coude ou de l’épaule? Pourquoi un coup à la tête n’est pas considéré comme un coup à la tête?», a notamment écrit Dryden en interpellant Bettman.

Le cas Paul Byron

Dryden a aussi consacré un large paragraphe de son message au cas Paul Byron, le joueur d’avant du Canadien ayant subi un violent K.-O. dans un combat avec MacKenzie Weegar, des Panthers de la Floride, tard dans la saison. L’auteur se questionne largement sur le code d’honneur des bagarreurs de la LNH.

«Paul Byron a été suspendu trois matchs pour un coup à la tête sur MacKenzie Weegar, qui a subi une commotion et qui a manqué les quatre rencontres suivantes. Lors de la partie suivante entre les deux, Weegar a défié Byron. Ce dernier a accepté et a quitté la patinoire avec une commotion. Il a raté les deux joutes suivantes; Weegar n’a pas été suspendu. Ces incidents sont survenus en l’espace de plus de deux mois et ce n’était pas spontané. Ce n’était pas de la colère, personne n’a perdu le contrôle de soi-même. Selon des joueurs et des analystes, il s’agissait du code, de l’œil pour œil, dent pour dent. Mais dans ce cas, c’était cerveau pour cerveau. Nous sommes en 2019. Que pensez-vous du code?», a demandé Dryden au commissaire.

Un rapport à venir

Le Sous-comité a été créé à la suite d’une motion du Comité permanent de la santé de la Chambre des communes au début octobre. Il fera des recommandations «en vue d’améliorer la protection des athlètes contre les commotions cérébrales et rendre le sport plus sécuritaire au Canada», selon le site internet de la Chambre.

Pour la préparation de son étude, le Sous-comité a prévu entendre divers intervenants - athlètes amateurs et professionnels, entraîneurs, chercheurs, dirigeants d’organisation, personnel médical, etc. – d’ici la remise de ses conclusions au Comité permanent en juin. Celui-ci décidera de la suite à donner au futur rapport qui lui aura été soumis.

Quant à la LNH, elle a dû conclure une entente à l’amiable en novembre avec un groupe de 146 anciens hockeyeurs ayant intenté une poursuite contre elle relativement aux commotions qu’ils ont subies pendant leur carrière. Malgré ce pacte, la ligue n’a jamais admis sa responsabilité quant aux problèmes vécus par les plaignants.