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Hommage à la Catalogne

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Carles Puigdemont, le président catalan en exil, devait venir au Canada faire une conférence sur le référendum de 2017. Apparemment, tout se passait bien jusqu’à ce qu’Ottawa décide de l’interdire de séjour. Dans le présent contexte, cette décision n’a rien de platement administratif.

Au moment où l’Espagne a engagé un grand procès politique pour décapiter juridiquement le nationalisme catalan, Ottawa en rajoute.

Ottawa

Le gouvernement fédéral ne se contente pas de s’opposer à la cause catalane, mais refuse de reconnaître sa simple légitimité. En d’autres mots, il participe à sa manière à la répression des Catalans.

Il n’en demeure pas moins que cette interdiction est non seulement inadmissible en elle-même, mais contraire à la tradition politique canadienne. Car le Canada, on lui reconnaîtra au moins cela, a permis la tenue des deux référendums sur l’indépendance du Québec, en 1980 et 1995. Certes, il a triché, et plusieurs croient même qu’il a volé le deuxième référendum. Un État se laisse rarement démanteler sans se débattre.

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Pourtant, les deux référendums se sont tenus légalement, les Québécois ont pu aller voter sans se faire tabasser ou bastonner et les leaders indépendantistes n’ont pas été mis en prison. Dans cette perspective, le gouvernement fédéral aurait pu accueillir le président catalan sans pour autant lui dérouler le tapis rouge, naturellement.

Référendum

Il se peut aussi que nous ne vivions plus dans le même Canada. Depuis le référendum de 1995, Ottawa a adopté la manière forte envers le Québec. Ottawa, dans les suites du dernier référendum, a cherché à mettre sous tutelle la démocratie québécoise avec la loi C-20. Il a tout fait pour diaboliser le nationalisme québécois.

Et cette ligne dure, il a décidé de l’appliquer aux Catalans. Carles Puigdemont a cherché à conduire démocratiquement son peuple à l’indépendance. Apparemment, c’était inacceptable. Essayer de devenir un pays, c’est illégal et immoral !