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Laïcité: risques de maladie mentale

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Sara Hanifi et Salam El-Malouf, résidents en psychiatrie à McGill, se sont joints à 198 professionnels de la santé, dont une grande majorité issue de minorités religieuses, pour faire paraître un texte dans La Presse vendredi dernier.

Ces spécialistes de la santé s’oppo­sent à la loi sur la laïcité, car « cette loi exacerbera la discrimination systémique du Québec ».

Leur analyse s’appuie sur des études récentes qui prouveraient, selon eux, que « le projet de loi promeut, directement ou indirectement, la discrimination systémique et interpersonnelle ».

Les signataires ne reculent devant aucune outrance. Ils se réfèrent à une méta-analyse de 2015 qui démontrerait que « le racisme doublerait les risques de problèmes de santé mentale tels que la dépression, l’anxiété et le stress psychologique. Le racisme serait aussi associé à une hausse de problèmes de santé tels que l’obésité, l’hypertension et les maladies cardio-vasculaires ».

Ces professionnels anti-laïques n’en démordent pas. Ils font même référence à une étude plus récente publiée en 2018 par Samari et al corroborant « ces trouvailles spécialement pour les victimes d’islamophobie » !

Neutralité

Qui eût cru que le projet de loi sur la laïcité du gouvernement Legault ferait sortir de leur « neutralité bienveillante » (l’expression serait de Freud) les psychiatres et autres professionnels de la santé mentale pour accabler de leur diagnostic la majorité de Québécois, le premier ministre en tête, qui s’apprêteraient à rendre fous les musulmans et juifs religieux ?

De mémoire, durant les deux référendums, les adversaires de la souveraineté n’ont pas eu l’outrecuidance d’affirmer qu’en appuyant l’indépendance, il faudrait porter la responsabilité de troubler l’équilibre mental des Anglo-québécois opposés à la séparation.

Il faut supposer que parmi les 200 signataires de la lettre ouverte au premier ministre Legault, il doit bien y en avoir un certain nombre qui a donné son appui sans avoir lu le texte. Car le personnel en santé mentale est particulièrement débordé au point d’être le parent pauvre dans l’hôpital.

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Aveuglement

Il est bouleversant pour les Québécois d’être attaqués de la sorte par des gens instruits, professionnellement formés, mais aveuglés par une idéologie qui les font déraisonner. Au sens propre du terme.

J’ai souvenance d’un professeur de McGill qui expliquait dans les années soixante-dix que les anglophones du Québec étaient incapables d’apprendre le français à cause de leur incapacité supposée de prononcer certaines voyelles de la langue de Molière.

Face à ces élucubrations où l’argu­ment « scientifique » est utilisé pour s’opposer au projet de loi 21 par des psychiatres, qui refusent en général de porter le débat sur la place publique à cause de retombées possibles sur leurs patients, il devient impératif de faire voter le plus rapidement possible cette loi censée rendre fou. Et on a envie d’ajouter que ce sont les psys qui deviennent paranoïaques.

Au moment où les eaux se retirent des terres inondées, comment recevoir ces débordements délirants de la part des professionnels de la santé mentale qui accablent et ostracisent la majorité québécoise qui, selon les règles en démocratie politique, demeure souveraine dans ses décisions à travers ceux qui nous gouvernent ?