/finance/opinion/columnists
Navigation

Le Québec perd du poids dans l’actif de la Caisse

Coup d'oeil sur cet article

Le poids du Québec dans le gigantesque portefeuille de la Caisse de dépôt et placement a baissé de quelque 6 points de pourcentage au cours des cinq dernières années, passant de 26,9 % (2013) à 20,6 % en 2018.

Cet « allègement » est attribuable au fait que l’actif des placements québécois a enregistré une croissance nettement inférieure à la croissance de l’actif global du portefeuille de la Caisse.

De 2013 à 2018, l’actif de la Caisse au Québec a augmenté de 18,6 % (à 63,8 milliards $) alors que l’actif global du portefeuille de la Caisse bondissait de 54,7 % (à 309,5 milliards $).

L’écart de croissance est attribuable au fait que l’exposition de la Caisse aux marchés internationaux a considérablement augmenté sur cette période de cinq années.

Les États-Unis, l’Europe, les marchés étrangers en croissance... accaparent aujourd’hui 64 % de l’ensemble du portefeuille de la Caisse. En 2013, les marchés internationaux représentaient 47 % du portefeuille de la Caisse. Et en 2009, lorsque Michael Sabia est arrivé à la tête de la Caisse, les actifs internationaux accaparaient à peine 36 % du portefeuille.

« Pourquoi nous mondialiser ? Pour profiter de la croissance d’économies dynamiques et pour saisir les meilleures occasions d’investissement », explique la Caisse dans son rapport annuel.

► Écoutez le commentaire de Michel Girard à QUB radio:

 

CELA DIT...

Si la Caisse de dépôt et placement du Québec avait investi toutes ses billes dans le fonds indiciel québécois « First Asset Morningstar National Bank Quebec Index », elle aurait affiché un rendement annualisé de 10 % au cours des cinq dernières années, soit 1,6 point de pourcentage de plus que son rendement de 8,4 %.

La comparaison montre à quel point les entreprises québécoises cotées en Bourse affichent collectivement une performance enviable et qu’il est payant pour la Caisse d’investir une portion appréciable de son portefeuille localement.

Bien entendu, il est évident que Michael Sabia et son équipe de gestionnaires ne peuvent investir le gigantesque portefeuille de la Caisse seulement au Québec. Une telle concentration d’actifs au Québec serait mal venue et fort imprudente.

UN PETIT EFFORT...

Même si l’actif de la Caisse au Québec représente à peine 20 % de son portefeuille, la direction de la Caisse de dépôt et placement se vante de « propulser l’économie du Québec » d’aujourd’hui et de demain.

« Le Québec est au cœur de nos actions, affirme-t-elle dans son rapport annuel. Et pour le prouver, la Caisse a misé de plus en plus sur le secteur privé québécois, en finançant et accompagnant des entreprises québécoises dans leurs projets de croissance, au Québec et sur les marchés mondiaux.

Bravo ! Mais est-ce que Michael Sabia et ses gestionnaires de portefeuille investissent suffisamment au Québec ?

À mon avis, non ! Voilà pourquoi un effort supplémentaire serait grandement apprécié !