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Que faisait la mairesse?

Que faisait la mairesse?
Photo Martin Alarie

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Si j’étais marthelacquois (c’est comme ça qu’on appelle les résidents de Sainte-Marthe-sur-le-Lac), je serais en beau joual vert.

Car comme l’ont démontré Sarah Maude-Lefebvre et Hugo Joncas de notre Bureau d’enquête hier, ça fait 18 mois que la mairesse Sonia Paulus sait que la digue qui devait protéger sa municipalité n’était pas assez solide ni assez haute.

UN DOSSIER PRIORITAIRE

On s’entend qu’être mairesse d’une municipalité comme Sainte-Marthe-sur-le-Lac (population : 18 704 personnes, selon un recensement datant de 2016) n’est pas la job la plus prenante au monde.

Les dossiers ne doivent pas s’empiler sur ton bureau à la vitesse de l’éclair.

Il y a un dossier qui urge plus que tous les autres, dans ce genre de ville : la digue.

La digue, la digue, la digue.

Il n’y a rien de plus important. Ni les heures d’ouverture de la piscine municipale, ni l’état de la piste cyclable ou la vitesse à laquelle on collecte les déchets.

Quand tu reçois un rapport d’experts te disant que la digue qui est censée protéger ta ville est fragile, tu ne niaises pas : tu tasses tous les autres dossiers, tu te relèves les manches et tu pars la machine afin que les travaux de réfection débutent au plus sacrant.

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La sécurité des citoyens avant toute chose, non ?

Or, en 18 mois, rien n’a été fait.

Non seulement ça, mais ce rapport n’a même pas été rendu public ! C’est la première fois que les Marthelacquois en entendaient parler, hier !

À ce que je sache, on n’en a jamais discuté en conseil de ville !

Pourquoi ?

Du côté de la municipalité, on dit qu’on attendait des subventions du ministère de l’Environnement avant de restaurer la digue.

Si c’est effectivement le cas, si la bureaucratie provinciale se traînait autant les pieds, pourquoi la mairesse n’a-t-elle pas tiré la sonnette d’alarme ?

Pourquoi n’a-t-elle rien dit à la population ?

Si j’étais maire d’une ville et que je me rendais compte que la lenteur des pousseux de crayons de Québec mettait en danger la sécurité de mes concitoyens, je peux vous dire que je le ferais savoir !

J’organiserais une conférence de presse ! Je publierais une lettre ouverte dans les journaux !

Je brasserais la cabane !

Surtout si ma ville venait tout juste d’être menacée par une crue anormalement élevée des eaux, comme ce fut le cas au printemps 2017 !

Je ne laisserais pas les choses « suivre leur ti-pépère de cours »... J’appliquerais de la pression !

COMME DE L’EAU DE ROCHE

Avant-hier, à Québec matin sur les ondes de LCN, Michel Jean (qui remplaçait Jean-François Guérin) a montré des images de la digue de Sainte-Marthe-sur-le-Lac à un expert.

L’homme était catégorique : cette digue ne faisait absolument pas le poids. Elle n’était ni assez solide ni assez haute.

Pour lui, c’était clair comme de l’eau de roche...

Hier, François Legault a refusé de jeter le blâme sur la mairesse Paulus. C’est tout à son honneur.

Actuellement, le travail du PM est de rassurer les gens, pas de distribuer les blâmes.

Mais on peut se poser la question : que faisait la mairesse ?

Vous imaginez s’il y avait eu des morts, cette semaine ?