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Viol en temps de guerre, demi-mesure

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Le 25 avril dernier, l’ONU a ratifié un texte pour combattre le viol en temps de guerre. Un texte moins mordant que prévu puisque le gouvernement américain fait des pressions pour retirer les mentions liées aux droits reproductifs et sexuels.

Il s’est également opposé avec les gouvernements russe et chinois à la création d’un mécanisme favorisant­­­ les poursuites des auteurs des crimes sexuels. Bref, encore une fois, les femmes sont victimes du manque de courage des élus.

Le droit de choisir

Qualifié d’arme de destruction massive, le viol des femmes en temps de guerre n’est pas nouveau. Mais les États tardent à agir pour des raisons religieuses et politiques.

En 2013, le Canada, sous un gouvernement conservateur, avait lui aussi retiré du financement aux groupes faisant la promotion du libre choix et, donc, des avortements en temps de guerre. Une décision dénoncée bien timidement à l’époque, même par le gouvernement québécois.

Depuis, qu’avons-nous fait pour protéger ces femmes et leur offrir la justice qu’elles méritent ? Bien peu malheureusement.

Armes psychologiques

Le viol, c’est bien plus que des sévices physiques, c’est aussi une arme psychologique visant à atteindre les populations civiles.

Ces femmes et ces enfants, souvent très jeunes, qui sont abusées ou mariées de force, n’ont généralement aucun recours pour faire face à une grossesse non désirée, sinon que des groupes alternatifs douteux et dangereux pour leur santé. À leur calvaire, nous ajoutons d’autres problèmes.

Le Québec commence une réflexion pour adapter les tribunaux et aider les victimes d’agressions sexuelles. Peut-être que nos discussions permettront de guider également d’autres juridictions qui tardent à agir sur ce front. Peut-être serons-nous également en mesure de leur montrer comment agir pour protéger les victimes.

Le Québec ne siège pas (encore) à l’ONU, mais nous pouvons montrer toute la grandeur de notre nation en légiférant sur ces enjeux.