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Être le patron d’un ami : comment éviter la catastrophe ?

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Philippe Couture - 37e AVENUE

 

Obtenir une promotion est toujours excitant. Toutefois, il arrive souvent qu’on devienne le patron de ses anciens collègues ou même de ses amis. Voici comment gérer cette délicate situation et prendre pleinement votre rôle de leader.

Si vous êtes dans cette situation, sachez que vos employeurs et vos collègues auront tendance à scruter votre comportement et à exiger de vous l’exemplarité : il faudra éviter l’apparence de conflits d’intérêts et vous assurer d’être particulièrement équitables avec l’ensemble des employés sous votre supervision. Tout en vous assurant de savoir tracer les frontières entre leadership et amitié.

« Je peux confirmer que les nouveaux gestionnaires ont tendance à prendre ça à la légère », affirme Vincent Laverdière, consultant en gestion des ressources humaines chez AXXIO. « Je m’attriste encore d’un cas récent, ajoute-t-il, où deux bonnes amies sont devenues ennemies parce que la gestionnaire a échoué à établir clairement ses attentes envers son amie. Elle a été laxiste, en quelque sorte. Elle s’est appuyée sur l’estime et la confiance aveugle envers son amie, au détriment d’une vraie communication patronne-employée. »

La clarté avant tout

Si vous devenez le patron d’un ami, la meilleure manière d’éviter les situations de conflit ou de tension est de vous appuyer sur des règles claires définissant vos relations avec vos subalternes, selon Vincent Laverdière. « Plus le travail se déroule dans un cadre précis, défini par des procédures et par des règlements sans ambiguïté, moins grands sont les risques de dérapage. Assurez-vous que les tâches de chacun sont clairement établies, que l’organisation du travail est structurée de manière équitable et que les processus de gestion sont connus de tous. »

Autrement dit, un ami ne pourra jamais profiter de votre relation privilégiée pour se dérober à son travail si votre style de gestion respecte à la lettre les tâches et les procédés prévus à l’intérieur de votre cadre de travail habituel.

Communiquer et s’engager

L’un des plus grands dangers menaçant la cohésion de votre équipe est de « surinformer votre ami et de négliger les autres », comme le rappelle Vincent Laverdière. Pour éviter cette situation, prévoyez des réunions d’équipe quotidiennes ou hebdomadaires et des rencontres individuelles à fréquence régulière. Soyez le plus transparent possible, et avec tout le monde.

« Le gestionnaire qui entretient des relations amicales avec certains de ses employés sera aussi tenu à un engagement plus ferme dans sa relation avec l’ensemble de ses subalternes, ajoute le conseiller d’orientation. Autrement dit, il veillera à accompagner chacun dans son développement et à manifester son appréciation de la contribution de chacun. »

L’équilibre en toutes choses

Pas de favoritisme : c’est le mot d’ordre. Soyez soucieux de « répartir équitablement les mandats pouvant faire briller un employé », par exemple. En cette matière, la transparence de vos méthodes vous évitera des situations fâcheuses. « Si les critères d’attribution d’un mandat sont clairs et que vous les respectez, personne ne pourra vous accuser de favoriser arbitrairement votre ami », insiste Vincent Laverdière.

Évidemment, vous pouvez demeurer amical. « Il ne sert à rien de cacher aux autres employés votre relation amicale. Personne n’est dupe. Mais il faut savoir tracer une ligne et avoir une certaine retenue professionnelle. » Pas toujours évident, mais pas impossible.