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Leur atelier à l’eau

Sylvie Marsolais et Alexandre Mathys lancent une campagne de sociofinancement pour relancer leur entreprise de création de masques de gardien de but

Sylvie Marsolais et Alexandre Mathys se sentaient en sécurité dans leur maison de Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Avec la digue qui a cédé samedi soir, l’eau a ravagé leur domicile et lieu de travail.
Photo François-David Rouleau Sylvie Marsolais et Alexandre Mathys se sentaient en sécurité dans leur maison de Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Avec la digue qui a cédé samedi soir, l’eau a ravagé leur domicile et lieu de travail.

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SAINTE-MARTHE-SUR-LE-LAC | Un ruban orangé sur la porte condamnant l’accès, une grille dorée de casque de gardien flottant sur l’eau brune du sous-sol, des biens détruits, des outils de travail souillés, un atelier ravagé, Alexandre Mathys et Sylvie Marsolais tentaient de rester solides devant la dévastation de leur domicile. Et de leur lieu de travail...

Le couple, qui demeure sur la 33e Avenue à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, à moins d’une centaine de mètres du lac des Deux Montagnes, a réintégré sa maison en fin d’après-midi, lundi. Il l’avait quittée en catastrophe dans l’évacuation d’urgence de samedi soir.

Impuissants, Alexandre et Sylvie n’ont pu que constater l’ampleur des dommages faits à la maison de briques rouges qu’ils habitent depuis 13 ans. Celle où ils ont lancé il y a une dizaine d’années leur entreprise d’airbrush qui se spécialise maintenant dans la confection de masques de gardien de but.

Ils ont constaté la puissance de l’eau, dont le niveau a léché le plafond du sous-sol. Par miracle, ils ont retrouvé leur chatte, Jeanine, traumatisée, flottant dans le noir sur une roue de voiture. Jamais ils n’auraient pensé vivre ce cauchemar. Ils se croyaient en sécurité derrière la digue.

L’eau a presque atteint le plafond du sous-sol. Hier après-midi, une pompe évacuait
l’eau lentement.
Photo François-David Rouleau
L’eau a presque atteint le plafond du sous-sol. Hier après-midi, une pompe évacuait l’eau lentement.

« C’est du matériel, ça se répare, lâche Alexandre en regardant la pompe à la flotte dans son sous-sol, qui n’était pas tout à fait fini. Au loin, on apercevait le congélateur à la dérive.

Il va falloir tout arracher et tout refaire. On évalue les dommages à 30 000 $ ou 40 000 $, sans compter les biens endommagés, souffle-t-il, avec ses longues culottes imperméabilisées. On croit avoir sauvé le rez-de-chaussée. En 48 heures, c’est effrayant la hauteur que l’eau a atteinte. »

Au rez-de-chaussée, des prototypes de masques de gardien étaient au sec.
Photo François-David Rouleau
Au rez-de-chaussée, des prototypes de masques de gardien étaient au sec.

Atelier à reconstruire

Situé à quatre rues hors de la zone interdite d’accès, le terrain n’est plus inondé. En plus des pompes, le soleil avait asséché le gazon jonché d’objets inconnus laissés par les flots. Dans le fond de la cour, le garage servant d’atelier ne prenait plus les allures du lieu de travail du couple.

Une découpeuse à vinyle sur une table, un massif compresseur basculé par la force de l’eau, un appareil de ventilation pour la peinture, tout était endommagé. Dans une visite d’urgence, ils avaient pu prendre une vingtaine de fusils aérographes évalués à plus de 300 $ chacun pour éviter qu’ils ne soient dérobés en cas de pillage.

Sur un présentoir, deux masques – dont l’un étant destiné au gardien du Crunch de Syracuse, Atte Tolvanen, dans la Ligue américaine – avaient été épargnés. Par chance, Sylvie avait terminé la semaine dernière celui d’Andreï Andrei Vasilevskiy, le gardien du Lightning de Tampa Bay qui jouera pour la Russie au Championnat du monde, le renommé client de Sylabrush Airbrush qui en compte quelque 75 de tous azimuts, juniors à professionnels, tant en Amérique qu’en Europe.

On peut voir les réalisations des masques des gardiens Samuel Montembeault, Andrei Vasilevskiy et Anton Khudobin. 
Photos d'archives
On peut voir les réalisations des masques des gardiens Samuel Montembeault, Andrei Vasilevskiy et Anton Khudobin. 

Incertitude

La crainte, c’est qu’ils ne puissent se remettre au travail rapidement. Même si leur principal rival dans l’industrie leur a offert son aide, ils doivent procéder à des achats essentiels.

« Notre découpeuse à vinyle pour les logos valant 15 000 $ est peut-être fichue, comme la majorité de notre équipement. La structure de nos installations est à rebâtir, indique Sylvie dans son atelier, où l’eau a atteint de quatre à cinq pieds de hauteur. Il faudra acheter à neuf. Et c’est difficile de savoir quand on pourra retravailler. C’est frustrant. »

Pour l’instant, elle pourrait avancer quelques projets dans le garage d’une amie à proximité. Devant l’ampleur de la situation et la catastrophe naturelle, les deux artistes ont lancé une campagne de sociofinancement pour relancer leur entreprise.

« Il n’y a aucune pression à donner de l’argent. On espère seulement avoir un peu d’aide. Peu importe le montant, nous sommes heureux. Il n’y a pas de petits dons », disent-ils en sollicitant le soutien de la communauté sportive.

En moins d’une journée, ils ont amassé près de 5500 $. Ils ont placé l’objectif à 50 000 $. Des clients notoires, comme Anton Khoudobine (Dallas), Jean-François Bérubé, Zachary Fucale, Étienne Marcoux et l’entreprise Bauer avaient donné généreusement.


Campagne GoFundMe « Rebâtissons SYLABRUSH ».