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Qui a acheté le titre avant son envol?

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Rien de mieux que l’annonce de la vente potentielle d’une compagnie pour en faire exploser le titre en Bourse.

C’est ce qui est survenu hier matin au titre de Transat A.T., qui a explosé de 50 % après que la société a annoncé « être en discussions préliminaires avec plus d’une partie concernant une transaction potentielle visant l’acquisition » de la compagnie québécoise.

Et bravo aux investisseurs qui ont eu le flair d’acheter des actions de Transat A.T. dans les semaines précédentes !

Au cours de la période allant du lundi 1er avril jusqu’à ce lundi 29 avril, veille de l’annonce des pourparlers de la vente de notre fleuron du voyage vacances, ces heureux investisseurs ont payé leurs actions à un prix variant de 4,75 $ (1er avril) à 5,67 $ (lundi).

Hier matin, en cours de séance, le titre de Transat A.T. a touché un haut de 8,85 $, soit en hausse de quelque 56 % par rapport à la veille. L’action a finalement fermé à 8,29 $, en hausse de 46 %.

Méchant gain boursier, faut-il reconnaître.

Séances payantes

Il y a eu quatre séances où l’action de Transat A.T. avait enregistré un solide bond quotidien.

  • 2 avril : + 25 cents (5,26 %)
  • 11 avril : + 24 cents (4,74 %)
  • 24 avril : + 19 cents (3,64 %)
  • 25 avril : + 17 cents (3,14 %)

La séance du 2 avril présente une autre caractéristique intéressante : pendant que l’action enregistrait une solide hausse (+5,26 %), le volume des transactions s’avérait nettement plus élevé qu’à l’habitude. Quelque 374 750 actions ont changé de main durant la séance, soit 13 fois le volume de la veille.

Autre constat boursier : lors des quatre premières séances d’avril, Transat A.T. avait gagné 11 %. Pourquoi le titre a-t-il tant monté ? On ne le sait pas. Mystère boursier.

Si j’étais enquêteur à l’Autorité des marchés financiers, je vérifierais notamment les transactions qui ont été effectuées lors des séances mentionnées dans la chronique. Simple question de s’assurer qu’aucun acheteur ne bénéficiait d’informations privilégiées !

Québec a-t-il acheté hier ?

Après avoir appris lundi après-midi la vente potentielle de Transat, François Legault a demandé à son ministre de l’Économie et responsable d’Investissement Québec, Pierre Fitzgibbon, de voir à ce qu’on protège le siège social de Transat au Québec.

Lors du budget d’Éric Girard, le gouvernement Legault a annoncé qu’il débloquait une enveloppe de 1 milliard $ pour protéger la présence de sièges sociaux au Québec.

Est-ce que Investissement Québec (IQ) est passé à l’action hier en acquérant un important bloc d’actions de Transat ? Chose certaine, ce serait logique que IQ l’ait fait dans le but de constituer une tentative d’opération de blocage de concert avec le Fonds de solidarité de la FTQ, qui détient déjà 11,6 % des actions, et la Caisse de dépôt et placement qui en possède près de 6 %.

Lors de la première tentative de Lowe’s de mettre le grappin sur Rona, le ministre des Finances de l’époque, Raymond Bachand, du gouvernement Charest, avait entrepris une telle opération de blocage contre Lowe’s. Et Lowe’s avait finalement rebroussé chemin... Ce ne fut que temporaire, Lowe’s ayant finalement mis le grappin sur Rona.

Quoi qu’il en soit, Raymond Bachand est de retour au front. En tant que membre du conseil d’administration de Transat A.T., il fait partie du comité spécial chargé d’évaluer les offres d’acquisition du fleuron.

Hâte de voir les recommandations !