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1400 postes à pourvoir dans les résidences pour personnes âgées

Smiling nurse and old woman patient at wheelchair
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Marine Caleb – 37e AVENUE

 

Vieillissement de la population oblige, la demande de préposés aux bénéficiaires est forte. Or, cette main-d’œuvre se fait rare. Les établissements les plus touchés par la pénurie sont les résidences pour personnes âgées, qui comptent au total plus de 1400 postes à pourvoir.

Le réseau de la santé et des services sociaux québécois déborde. Les patients comme le personnel vieillissent, tandis que la relève est insuffisante, notamment pour les postes de préposés aux bénéficiaires. Au public comme au privé, cette pénurie affecte davantage les ressources intermédiaires d’hébergement. Des établissements pourtant essentiels, car ils hébergent 14 000 résidents qui ne peuvent rester ni chez eux ni dans un CHSLD.

Ces 937 centres adaptés aux plus vulnérables recherchent 2514 préposés, techniciens en éducation spécialisée et travailleurs sociaux, selon un sondage de l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ) publié en mars. Les ressources intermédiaires pour personnes âgées en perte d’autonomie sont les plus touchées : elles ont besoin de 1437 préposés aux bénéficiaires.

Des effets sur les services et les soins

En plus d’épuiser les préposés, cette pénurie a un impact direct sur les patients. À cause de la surcharge de travail, le temps manque aux employés pour prodiguer les soins et pour servir les repas. Cette pression est plus forte dans les régions de Laval, du Bas-Saint-Laurent et de l’Abitibi-Témiscamingue, selon le sondage de l’ARIHQ.

« La situation est alarmante et si rien n’est fait, la crise s’accentuera avec le vieillissement de la population. Il s’agit d’un véritable enjeu de société auquel nous devons trouver des réponses collectivement », mentionne le président du conseil d’administration de l’ARIHQ, Michel Clair.

Attirer la main-d’œuvre

Alors pour attirer les préposés aux bénéficiaires, l’association en appelle à l’amélioration des conditions de travail du personnel des ressources intermédiaires. Elle recommande aussi de « faciliter la formation et l’insertion en emploi des personnes exclues du marché du travail ».

Par exemple, quelques établissements du Bas-Saint-Laurent et de la Capitale-Nationale ont choisi de proposer aux étudiants une formation en milieu de travail. Parallèlement à leur cours, ils sont embauchés en tant qu’aide de service, avec promesse d’embauche à la clé. Une solution

ingénieuse, même si un problème demeure : les centres de formation professionnelle peinent à attirer les étudiants.

Faute de candidats locaux, le secteur public se tourne de plus en plus vers l’étranger. En décembre 2018, le CISSS de Chaudière-Appalaches engageait 40 préposés en Tunisie. En avril, 140 Marocains seront embauchés dans trois établissements de la Côte-Nord, des Chaudière-Appalaches et de l’Estrie.

Les difficultés du privé

Le recrutement demeure cependant plus difficile dans le secteur privé, notamment en raison des salaires moins élevés. Johanne Pratte, la directrice générale de l’ARIHQ, estime qu’un préposé travaillant en CHSLD reçoit « un salaire pouvant atteindre 10 $ de plus de l’heure pour un travail équivalent, voire moins exigeant ». Dans les résidences privées, les préposés assument généralement plus de responsabilités, dont la gestion des médicaments.

En janvier 2019, l’ARIHQ convenait avec Québec de la création d’un fonds pour la formation et de l’augmentation du budget alloué aux ressources, afin d’augmenter le salaire moyen des membres. Un effort à poursuivre pour aider à « valoriser davantage les gens qui prennent soin des plus vulnérables », mentionne Johanne Pratte.