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Aurore, 100 ans plus tard

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Qu’une fillette se fasse martyriser par sa belle-mère en 1920 dans l’indifférence générale est une chose.

On n’appelle pas cette époque « la grande noirceur » pour rien. Mais qu’un tel drame se répète 100 ans plus tard est insensé.

PERSONNE N’A RIEN VU ?

Comment cela a-t-il pu se produire ?

La DPJ, la police, la commission scolaire, le Tribunal de la jeunesse, les voisins – personne n’a rien vu ? Tout le monde s’est planté ? Comment une femme qui a été condamnée pour voies de fait sur une enfant de cinq ans a-t-elle pu obtenir une absolution inconditionnelle ?

On ne parle pas ici d’un crime mineur ! À quoi le juge pensait ? Qu’est-ce qui l’a mené à prendre cette décision ? Pourquoi la DPJ n’est-elle pas intervenue pour retirer la fillette de son milieu familial ?

Pourquoi n’a-t-on pas pris au sérieux les nombreux appels à l’aide de la grand-mère paternelle ? La jeune victime a été élevée par sa grand-mère paternelle pendant 44 mois. Pourquoi a-t-on décidé de retirer la garde de la fillette à cette dame pour la renvoyer chez son père, qui n’était visiblement pas sain d’esprit ? Pourquoi une commission scolaire a-t-elle accepté qu’un père retire sa fille de sept ans de l’école ? L’homme voulait faire « l’école à la maison » ? A-t-on vérifié s’il avait la capacité d’éduquer lui-même sa fille ? Si ses intentions étaient nobles ?

Aucun prof ne s’est posé des questions sur l’état de santé physique et mentale de l’enfant ? On n’a jamais remarqué de marques de violence ? Une maigreur excessive ?

On savait que la belle-mère de la fillette était violente avec elle. Quand cette femme a été condamnée pour voies de fait, il n’y a pas eu de suivis ? Aucune visite d’une travailleuse sociale ? La police n’allait pas voir ce qui se passait ?

Les voisins n’ont rien vu, rien soupçonné ?

TOUTES LES LUMIÈRES ALLUMÉES

La liste de questions que nous nous posons ce matin est interminable. Toutes les lumières étaient allumées sur le tableau de bord, mais rien n’a été fait. Pour reprendre la métaphore de l’inondation, c’est comme si on avait posé 10 digues, et qu’elles s’étaient toutes affaissées l’une après l’autre ! Que l’une cède, c’est une chose. Ça peut arriver. Mais toutes ?

La DPJ, la police, les services sociaux, le système de justice, l’école, les voisins ? C’est comme si tout le système au grand complet était passé à côté.

Les gens qui sont censés protéger nos enfants ne se parlent pas ?

Il n’y a pas de communication entre les différents intervenants ?

Ce n’est pas comme si on ne savait pas que la fillette était maltraitée. On le savait ! La belle-mère avait été condamnée ! Comment peut-on expliquer cette débâcle ?

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ON N’APPREND PAS

« Ça prend un village pour élever un enfant », dit le célèbre proverbe africain. Eh bien cette fois-ci, le village n’a rien fait.

Hier, on apprenait que cinq ans après l’incendie de L’Isle-Verte qui a coûté la vie à 32 personnes âgées, 1300 résidences privées pour aînés étaient toujours sans gicleurs !

On n’apprend pas de nos erreurs !