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Ces enfants abandonnés

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Une enfant de 7 ans est morte. Elle aurait été martyrisée par sa belle-mère et son père depuis longtemps. Retirée de l’école, battue, attachée, séquestrée, bâillonnée, sous-alimentée, une fillette de Granby aurait subi les pires sévices aux mains de « parents » ayant des antécédents criminels.

Cette jeune vie fauchée cruellement n’est pas la première au Québec. Malheureusement, elle ne sera pas la dernière. Derrière tous ces enfants morts, il y en a de bien plus nombreux encore, vivants, mais violentés à répétition.

Euphémisme

Cette enfant torturée, plusieurs adultes, dont des membres de sa famille élargie, auraient pourtant tenté de la sauver depuis des années. Signalements à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de l’Estrie, plaintes à la police, etc. Selon le ministre responsable, Lionel Carmant, le dernier signalement serait aussi récent qu’en avril. Ça glace le sang.

Cette trame est en effet trop familière. Une enfant également retournée chez son père en 2015 parce que la DPJ aurait jugé son père capable de s’en occuper. Et ce, malgré tous les indices évidents montrant le contraire.

Comme tant d’autres, une enfant abandonnée par un « système » détraqué. Un système trop souvent capable de négligence d’une nature extrême. Le ministre Carmant commande les enquêtes nécessaires et parle d’« optimaliser le processus de la DPJ ». C’est un euphémisme.

Le point de presse donné hier par Alain Trudel, patron de la DPJ de l’Estrie, était d’ailleurs d’une insignifiance pitoyable. Rappelons aussi que La Presse rapportait tout récemment une décision rendue par le juge Gaétan Dumas s’insurgeant contre l’abandon par cette même DPJ de plusieurs enfants vulnérables dont les parents se disputent la garde.

Redressement

Les DPJ sont capables du meilleur, mais aussi du pire. Ce qu’il faut revoir, ce ne sont plus leurs « processus ». Ce qu’il faut réformer de fond en comble, c’est la machine au complet, sa mission, son imputabilité, ses directions, la formation de ses employés et ses ressources.

Au fil des ans, nos gouvernements ont regardé ailleurs. C’est le récit tragique d’une négligence répétée et partagée. Le dossier politique de la DPJ ne peut plus être expédié aux calendes grecques. Jusqu’au moindre de ses satellites, la DPJ doit subir un redressement majeur sous toutes ses coutures.