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«Ils lui avaient coupé les cheveux comme Aurore l’enfant martyre»

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 La grand-mère paternelle de la fillette martyrisée à Granby n’en revenait tout simplement pas lorsqu’elle l’a vue lundi sur son lit d’hôpital, quelques heures avant qu’elle ne succombe à ses blessures. 

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 Maigreur extrême et blessures: la fillette de 7 ans était dans un état «épouvantable» lorsqu’elle a été trouvée lundi. 

 «Elle était amaigrie, elle avait des petits bras tout minces. Elle avait les bras plus petits qu’à 3 ans et demi, quand elle est partie de chez moi», a raconté la grand-mère de la victime, aujourd'hui, en entrevue avec TVA Nouvelles. «Elle était maigre, c’était la peau sur les os. C’était déformé et épouvantable. Elle avait des marques», a-t-elle ajouté. 

 La grand-mère paternelle s’était fait retirer la garde de la petite au printemps 2015. Elle en avait été responsable de la naissance jusqu’à ses 3 ans et demi approximativement. 

 «Ils lui ont fait beaucoup de choses», a soutenu la femme au sujet du père de l’enfant et de sa conjointe. Les sévices, selon la grand-mère, auraient commencé en 2015, «à la minute qu’il [le père] a eu la garde». 

 «Moi, ce que j’ai vu, c’est qu’il lui avait coupé les cheveux comme Aurore l’enfant martyre», a-t-elle confié. 

 L’identité de la victime, celle de son père et celle de sa belle-mère sont protégées par une ordonnance de non-publication. 

 «L’individualisme a été plus fort que le fondement social» 

 La société au complet a une part de responsabilité dans le décès tragique d’une fillette de 7 ans à Granby, selon le psychologue Gilles Vachon. 

 «La somme des informations qu’on a nous amène à penser qu’il y a eu plus d’un raté. Ce qui m’amène, moi, à penser que c’est tout le système qui rate», a-t-il dit en entrevue à TVA Nouvelles. 

 «La quantité de gens qui ont eu des signaux que ça n’allait pas et n’ont rien fait, c’est assez troublant [...] L’individualisme a été plus fort que le fondement social, dans ce cas.» 

 Le psychologue a fait un parallèle avec l’histoire de la petite Rosalie qui avait été tuée puis abandonnée dans la poubelle d’une résidence de Charlesbourg, à Québec. 

 «Quand une société laisse des choses comme celles-là arriver, c’est l’échec social du système tout entier», a-t-il avancé.

L’école et la commission scolaire savaient que ça n'allait pas

Des membres du personnel enseignant de l’école que fréquentait la fillette de Granby qui a péri en début de semaine ont indiqué qu’ils étaient bien conscients que son milieu de vie était problématique, précisant qu’ils avaient fait les nombreuses dénonciations qui s’imposaient.

Le directeur général de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs, qui gère l’école de l’enfant, a confirmé qu’il était au courant de la situation.

«Dans ce dossier-là, au fil du temps, il y a des interventions qui ont été mises en place avec nos partenaires des services sociaux, a mentionné Éric Racine à la caméra de TVA Nouvelles. Ces partenaires étaient informés au fur et à mesure, et on collaborait ensemble. Donc effectivement, on savait que dans le milieu, ça fonctionnait difficilement.»

La fillette de 7 ans, qui a été retrouvée dans un état critique chez elle, lundi, avait été préalablement retirée de l’école, mais les circonstances entourant ce retrait n’ont pas été détaillées pour le moment.