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La fillette de Granby avait subi plusieurs sévices

De récents jugements ont décrit en détails l’enfer vécu par l’enfant de 7 ans

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Les malheurs subis par la fillette violentée à Granby, dont la mort a ému tout le Québec, étaient pourtant documentés et connus par les autorités, comme l’illustrent des jugements récents décrivant en détail sa courte vie de martyre.

En septembre 2017, la belle-mère de l’enfant l’avait violemment projetée au sol avant de la tirer par les cheveux lors d’une chicane avec le père. Le couple était alors en état d’ébriété.

Fait troublant, c’est la petite victime, alors âgée de 5 ans, qui s’était rendue dans un dépanneur pour qu’on appelle la police, relate un document judiciaire.

L’émotion était palpable hier soir lors de la vigile à la mémoire de la fillette décédée à Granby.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
L’émotion était palpable hier soir lors de la vigile à la mémoire de la fillette décédée à Granby.

 

Accusée de voies de fait graves, la belle-mère s’est reconnue coupable en juillet dernier et a obtenu une absolution.

« Il n’y a pas eu d’autres événements et je ne crois pas qu’il va y en avoir d’autres », avait soutenu le père devant le tribunal.

« C’est une maman exceptionnelle qui a eu une erreur de parcours », avait-il insisté, bien que deux autres conflits conjugaux avaient nécessité une intervention policière.

Les sombres événements du début de semaine suggèrent qu’il avait tort.

Lundi, l’enfant de 7 ans a été retrouvée dans un état critique dans la résidence familiale de Granby, où elle aurait été ligotée et bâillonnée avec du ruban adhésif.

Le couple a depuis été inculpé de séquestration. La femme fait aussi face à un chef pour voies de fait graves.

À la suite du décès de la fillette, mardi, la nature des accusations pourrait être modifiée ce matin à leur retour en cour.

Un an avant le drame, sur recommandation de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), un juge avait accepté de confier la garde complète de l’enfant au père et à sa nouvelle conjointe en soulignant qu’ils avaient « besoin d’être outillés pour intervenir auprès » d’elle

Passé tumultueux

Le magistrat considérait que c’était la solution « la moins dommageable » pour « cette petite fille au court passé tumultueux et instable ».

La décision rendue en mai 2018 mentionne notamment que la petite, dont le cas a été signalé à la DPJ dès sa naissance, a été trimballée et au cœur de conflits entre proches.

« D’un bébé calme à la naissance, la petite est devenue agitée et manifestait des comportements d’opposition », y lit-on.

Lors de ses crises, précise-t-on, on la laisse crier dans sa chambre seule pendant des heures, jusqu’à ce qu’elle se soit calmée.

Le jugement de l’an dernier souligne d’ailleurs que la petite « est en chute libre », qu’elle refuse parfois de s’alimenter, se mutile, étend ses selles sur les murs, refuse de dormir ou s’enfuit.

« Enfant difficile »

On y indique aussi qu’un médecin a écrit en avril 2018 à la DPJ pour prévenir que la fillette présentait une détresse psychologique sévère.

Ne cachant pas être découragé, le père avait expliqué au tribunal que sa fille était une « enfant difficile » et qu’il devait parfois barrer la porte de la chambre pour la protéger, sur les recommandations d’un médecin.

« J’ai harcelé la DPJ. On a crié à l’aide un peu partout. On se disait, un jour il va y avoir quelque chose qui va se passer, on va exploser, on n’est plus capables. L’aide n’arrivait pas », avait-il plaidé lorsque sa conjointe avait été accusée une première fois au criminel d’avoir molesté la fillette.

L’aide ne semble manifestement pas être venue à temps.

- Avec la collaboration de Michaël Nguyen


►La mère biologique, qui s’est fait suspendre ses contacts avec sa fillette l’an dernier, a dénoncé l’inaction de la DPJ dans une entrevue à TVA Nouvelles hier.