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La rémunération des radiologistes bondit de 120 000$

Ils bénéficient de la gratuité des échographies et de l’entente avec les médecins spécialistes

Doctor examining x-ray of patient
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Les radiologistes du Québec ont vu leur rémunération moyenne bondir de 120 000 $ en un an, notamment grâce à la nouvelle entente avec les médecins spécialistes et à une enveloppe accordée pour la couverture publique des échographies en cabinet privé.

Ainsi, leur revenu moyen brut est passé de 715 550 $ en 2016-2017 à 835 317 $ l’année suivante, soit une hausse d’un peu moins de 17 %, révèle un document produit par la Régie de l’assurance maladie du Québec pour l’étude des crédits à l’Assemblée nationale. Sur dix ans, la rémunération des radiologistes a pratiquement doublé, alors qu’elle était de 448 450 $ en 2008.

D’ailleurs, les 562 radiologistes trônent toujours au sommet de la rémunération chez les médecins spécialistes, dépassant de 335 609 $ le revenu moyen de l’ensemble de leurs collègues spécialistes.

Et puisqu’il s’agit d’une moyenne, certains empochent beaucoup plus. TVA Nouvelles a déjà révélé qu’un radiologiste a encaissé, à lui seul, une rémunération de 2,8 millions $ en 2016. Toutefois il faut souligner que les radiologistes doivent assumer d’importants frais de fonctionnement pour leurs cabinets. En 2017, ceux-ci s’élevaient à 139 455 $ en moyenne.

De façon générale, les médecins spécialistes ont vu leur rémunération croître de 29 088 $ entre 2017 et 2018.

Nombreux facteurs

Au ministère de la Santé, une porte-parole explique que la moitié de la hausse empochée par les radiologistes est liée au remboursement par l’État des échographies effectuées en cabinet privé depuis la fin de l’année 2016.

Le président de l’Association des radiologistes du Québec confirme que la gratuité a amené une hausse de la demande pour des échographies. «On avait critiqué le danger d’un bar ouvert et c’est un peu ce qu’on observe», souligne le Dr Vincent Oliva. Ce dernier précise qu’il n’a pas pu analyser les nouvelles données dévoilées par notre Bureau parlementaire.

Le Dr Oliva estime que la gratuité des échographies en cabinet privé a été décrétée par l’ex-ministre Gaétan Barrette pour des raisons «électorales» et qu’une révision des examens couverts devrait être envisagée. «On voit un pourcentage d’examens moins pertinents qui est plus élevé. Par exemple, des douleurs abdominales vagues», illustre-t-il.

«C’est normal, quand on a de l’accès, on en profite», ajoute-t-il.

Hausse rétroactive

L’autre moitié de l’augmentation de rémunération des radiologistes s’explique par la hausse rétroactive de 5,2 % accordée par Québec dans l’entente conclue l’an dernier avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec.

De plus, on note une augmentation de la productivité des radiologistes. «On a étendu les heures d’ouverture pour les examens comme les scans et les IRM, ce qui fait en sorte qu’on produit beaucoup plus d’examens», note le Dr Oliva.

À la Fédération des médecins spécialistes du Québec, on souligne que le temps est peut-être venu de revoir les tarifs pour les actes posés par les radiologistes. «Avec toutes les avancées technologiques, aujourd’hui, c’est beaucoup plus facile, ça prend beaucoup moins de temps», souligne son directeur des affaires publiques, Jacques Tétreault.

Rémunération des radiologistes

  • 2016-2017: 715 550 $
  • 2017-2019: 835 317 $

Les dix spécialités les mieux payées (revenus moyens bruts en 2017-2018)

  • Radiologie: 835 317 $
  • Ophtalmologie: 753 071 $
  • Chirurgie cardiovasculaire et thoracique: 649 800 $
  • Cardiologie: 597 363 $
  • Chirurgie générale: 533 736 $
  • Gastroentérologie: 524 045 $
  • Anesthésiologie: 516 267 $
  • Chirurgie vasculaire: 507 028 $
  • Neurochirurgie: 505 385 $
  • Urologie: 503 089 $
  • Chirurgie orthopédique: 501 198 $
  • Moyenne de tous les spécialistes: 499 708 $

Source : Régie de l’assurance maladie du Québec

McCann prête à revoir l’incorporation

La ministre de la Santé étudiera l’idée de resserrer les règles d’incorporation des médecins, comme la CAQ le réclamait dans l’opposition.

Depuis 2007, les médecins peuvent incorporer leur pratique afin de payer moins d’impôts.

«C’est le gouvernement libéral qui a donné le pouvoir de s’incorporer à des médecins qui n’ont pas de cabinet ; des médecins qui travaillent dans le secteur public, qui n’ont pas de frais de cabinet, qui n’ont pas de frais de secrétaire, qui n’ont pas de frais d’infirmières, etc.», a commenté la ministre Danielle McCann lors de l’étude des crédits de son ministère hier.

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Promesse électorale

La ministre répondait à une question de son critique libéral, André Fortin, sur l’engagement de la CAQ en campagne électorale.

Les troupes de François Legault s’étaient engagées à resserrer les règles de l’incorporation pour les médecins.

À l’époque, le parti estimait que les gouvernements fédéral et provincial pourraient ainsi récupérer plus de 150 millions $ annuellement auprès de quelque 6000 médecins québécois.

«Les autres travailleurs qui ont une incorporation, ce sont des gens qui ont des entreprises, qui ont des locaux à payer, des secrétaires à payer, ils ont plein de frais, a fait valoir la ministre de la Santé. C’est pour ça qu’on s’incorpore. Mais ce n’est pas le cas des médecins.»

Pas d’échéancier

Talonnée par André Fortin, la ministre McCann n’a toutefois pas voulu s’avancer sur les sommes que le gouvernement pourrait récupérer ni sur un échéancier pour revoir l’incorporation.

«Dans les meilleurs délais», s’est-elle contentée de répondre.

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