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Ça ne s’améliore pas du tout pour SNC-Lavalin

La firme annonce des mesures de redressement, dont la fin des activités dans 15 pays

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La situation ne s’améliore pas pour SNC-Lavalin. L’entreprise a dévoilé hier des résultats décevants et annoncé qu’elle cesse ses activités dans 15 pays dans l’espoir de reprendre du poil de la bête. Mais les scandales lui collent à la peau.

Presque trois mois après l’éclatement du plus récent scandale entourant SNC-Lavalin, les choses sont loin d’être revenues à la normale.

Le fleuron québécois tente toujours d’obtenir d’Ottawa un accord de réparation qui lui permettrait d’éviter une condamnation criminelle, mais c’est peine perdue.

Le grand patron de l’entreprise, Neil Bruce, a annoncé un train de mesures afin de redresser la situation financière de l’entreprise.

Le nombre de secteurs est passé de 7 à 4, il a embauché un chef de l’exploitation chargé d’« optimiser » la société, et la compagnie veut se concentrer sur l’essentiel.

« Quand on regarde les manchettes, on dirait que ce n’est pas le cas, mais on a vraiment changé. Ces [actions criminelles] ont eu lieu il y a 7 à 22 ans dans le passé », a dit M. Bruce, qui se dit « très fier » d’être le PDG de l’entreprise, même s’il semble visiblement las de la situation.

Creux historique

Comme si ce n’était pas assez, SNC-Lavalin a enregistré une perte nette de 1,3 million $ au premier trimestre, a par ailleurs révélé l’entreprise, hier. À pareille date, elle avait réalisé un profit de 78 millions $ l’an dernier.

L’annonce a fait dégringoler l’action (TSE : SNC) de près de 13,13 % (- 4,38 $), l’amenant à un prix plancher record de 28,97 $, du jamais vu depuis 2006.

La firme a rapporté un résultat net ajusté attribuable aux actionnaires de 36,8 millions $, en baisse de presque 100 millions $ par rapport à l’an dernier.

Par action diluée et ajustée, le résultat net ajusté attribuable aux actionnaires de SNC-Lavalin est passé de 77 cents à 21 cents.

Les revenus ont également légèrement diminué, passant de 2,4 milliards $ au premier trimestre de 2018 à 2,3 milliards $ au trimestre qui a pris fin le 31 mars dernier.

L’entreprise a dit avoir simplifié sa structure pour corriger le rendement déficient du quatrième trimestre.

« À la fin de mars, nous avions un solide carnet de commandes qui incluait 3,2 milliards $ de contrats octroyés au premier trimestre, puisque nos clients continuent de bien soutenir nos talentueux employés et leur travail », a ajouté M. Bruce, président et chef de la direction.

Ce dernier a rappelé qu’en avril, SNC a conclu une entente afin de vendre une part de 10,01 % dans l’autoroute 407 ETR « à un très bon prix, ce qui nous permettra d’assainir notre situation financière, de protéger notre cote de crédit, tout en s’assurant de réévaluer notre stratégie de répartition du capital afin qu’elle soit la plus rentable pour les actionnaires à long terme ».

Le PDG reconnaît que c’est pénible pour les employés

La pression s’intensifie sur le président et chef de la direction de SNC-Lavalin Neil Bruce. Ce dernier a présenté hier des résultats décevants au premier trimestre lors de l’assemblée annuelle des actionnaires de l’entreprise, au Palais des congrès de Montréal.
Photo Chantal Poirier
La pression s’intensifie sur le président et chef de la direction de SNC-Lavalin Neil Bruce. Ce dernier a présenté hier des résultats décevants au premier trimestre lors de l’assemblée annuelle des actionnaires de l’entreprise, au Palais des congrès de Montréal.

La multiplication des scandales et le refus d’Ottawa de négocier un accord de poursuite différé avec SNC-Lavalin affectent « gravement » le moral des employés, a reconnu hier le PDG de l’entreprise.

Comme le rapportait Le Journal, c’est le sauve-qui-peut chez SNC-Lavalin. Selon des employés et des ex-employés, la société peine à conserver les employés de son siège social montréalais et le moral y est à son plus bas.

« Injuste »

Les derniers mois ont été « extrêmement difficiles » pour les employés, a reconnu Neil Bruce. « Comme gestionnaire, on doit gérer cette situation. C’est injuste pour eux, il y a eu beaucoup de publicité pour des événements survenus il y a de 7 à 20 ans, des choses pour lesquelles ils n’ont rien à se reprocher.

« Ils veulent juste qu’on leur fiche la paix et qu’on leur permette de faire leur travail », a-t-il ajouté, dénonçant un « barrage médiatique ».

Rappelons qu’en décembre, SNC-Lavalin avait annoncé l’abolition d’une centaine de postes au pays. La compagnie avait alors affirmé que l’aboutissement de différents projets à l’échelle du pays la poussait à procéder à différents « ajustements » de personnel. Depuis, certains services ont aussi reçu comme mandat de réduire de 10 % leurs effectifs, et plusieurs employés ont claqué la porte.

Tout n’est pas noir, ont toutefois tenu à nuancer d’autres travailleurs de la société.

« Nous travaillons très fort à maintenir le cap et à aider le Québec à conserver un siège social important à Montréal. Nous sommes présentement pénalisés par un débat politique », a ainsi déploré un haut gradé.

« On garde la tête haute et on veut passer à travers », a-t-il ajouté, s’en prenant aux « défaitistes » qui ont déjà quitté le navire ou qui songent actuellement à le faire.