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SNC-Lavalin: la firme se vide de ses employés

Même les gestionnaires prépareraient activement leur départ de SNC-Lavalin

SNC-Lavalin: la firme se vide de ses employés
Photo AFP

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C’est le sauve-qui-peut chez SNC-Lavalin. L’entreprise, qui tient son assemblée annuelle sur fond de crise aujourd’hui, peine à conserver les employés de son siège social montréalais, a appris Le Journal.

Divers employés et ex-employés avec lesquels Le Journal s’est entretenu au cours des derniers jours font état d’un climat de travail « morose ». Plusieurs ne cachent pas se chercher une stratégie de sortie.

« On sent la soupe chaude. Les scandales nous collent à la peau malgré les efforts de la direction. On discute ouvertement entre collègues de nos recherches pour se trouver un emploi ailleurs », a affirmé une personne œuvrant au siège social de SNC-Lavalin, boulevard René-Lévesque à Montréal.

En plus des compressions...

Déjà en décembre, SNC-Lavalin avait annoncé l’abolition d’une centaine de postes au pays. La compagnie avait alors affirmé que l’aboutissement de différents projets à l’échelle du pays la poussait à procéder à différents « ajustements » de personnel.

C’était deux mois avant l’éclatement du scandale entourant la démission de l’ex-ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, qui affirmait avoir subi des pressions pour faire usage de son pouvoir discrétionnaire pour forcer la négociation d’un accord de poursuite suspendue avec SNC.

En mars, le PDG de l’entreprise, Neil Bruce, avait à nouveau prévenu que des décisions difficiles pourraient affecter les effectifs de la société.

Après s’être départi de certaines responsabilités au profit du nouveau chef de l’exploitation Ian L. Edwards, le PDG de SNC-Lavalin, Neil Bruce (sur la photo), pourrait être en train de préparer sa sortie. Il doit faire le point sur l’avenir de l’entreprise aujourd’hui à l’occasion de l’assemblée annuelle.
Photo tirée de Twitter, SNC-Lavalin
Après s’être départi de certaines responsabilités au profit du nouveau chef de l’exploitation Ian L. Edwards, le PDG de SNC-Lavalin, Neil Bruce (sur la photo), pourrait être en train de préparer sa sortie. Il doit faire le point sur l’avenir de l’entreprise aujourd’hui à l’occasion de l’assemblée annuelle.

 

« Tant et aussi longtemps qu’on ne pourra pas mettre tout ça derrière nous, il nous sera difficile de faire croître nos effectifs au Canada », avait-il dit.

Craintes pour leur réputation

Sauf qu’entre-temps, de nombreux employés ont claqué la porte de leur propre chef, craignant que la réputation salie de SNC-Lavalin leur colle à la peau.

« Il suffit de regarder nos résultats trimestriels, ils sont désastreux. Il y a eu énormément de coupures budgétaires dans tous les secteurs. Dans le mien, plusieurs projets ont été mis sur la glace. Ça m’a poussé à quitter », affirme l’un d’eux.

Différents gestionnaires auraient reçu des directives de réduire leurs effectifs de 10 %, au Canada et ailleurs, affirme cette personne.

« Tout le monde, d’une façon ou d’une autre, prépare sa sortie, ajoute une autre. Même mon gestionnaire le faisait ouvertement. On se demandait qui allait partir en premier. Si c’est pas maintenant, ce sera dans quelques mois, même si la direction cherche à se faire rassurante et optimiste. »

Les discussions entourant la création d’un second siège social, à Londres, ont également été une source de stress importante pour plusieurs employés, tout comme la vente de la participation de SNC-Lavalin dans l’autoroute 407 en Ontario et l’absence de projets majeurs au Canada pour SNC-Lavalin, une fois le projet de construction du nouveau pont Champlain terminé.

C’est sans compter la nomination d’Ian L. Edwards à titre de chef de l’exploitation, un rôle qui incombait jusque-là au PDG, poussant plusieurs employés et observateurs à se demander pour combien de temps Neil Bruce dirigera SNC-Lavalin.

Le conseil d’administration a réitéré sa confiance en l’équipe de direction « pour diriger l’entreprise en 2019 », a précisé l’entreprise en réponse aux questions du Journal.

SNC-Lavalin

  • Revenus (2018) 10,1 G$ en hausse de 8 % par rapport à 2017 (principalement en raison d’une acquisition)
  • Perte nette (2018) 1,3 G$ 
  • Carnet de commandes 14,9 G$
  • Plus de 50 000 employés dans le monde, dont 9000 au Canada et  environ 3400 au Québec.