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Un employé critique la DPJ: «régulièrement, on quitte avec le sentiment du devoir non accompli»

Un employé critique la DPJ: «régulièrement, on quitte avec le sentiment du devoir non accompli»
Photo Agence QMI, Mario Beauregard

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 Évoquant une liste d’attente qui «explose», des employés qui quittent et une pression de faire toujours plus avec des ressources limitées, un intervenant de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a critiqué son employeur à QUB radio, jeudi. 

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 En entrevue avec Mario Dumont, la personne, qui a demandé de garder l’anonymat, réagissait dans le dossier de la fillette décédée à Granby qui était suivie par la DPJ. 

 Selon celle-ci, si les employés de la DPJ tentent «d’aider du mieux [qu’ils peuvent] les gens», leur employeur ne leur donnerait «pas nécessairement les ressources» pour y arriver. 

 «Régulièrement, on quitte avec le sentiment du devoir non accompli, parce qu’il y a des gestes bienveillants qu’on aurait dû poser pour plusieurs enfants et, par manque de temps, par manque d’ouverture de notre employeur à nous permettre de faire du temps supplémentaire, on ne pose pas ces gestes-là», souligne l’employé. 

 En ce sens, l’individu affirme que la DPJ demanderait à ses intervenants, dans la mesure du possible, de ne pas dépasser les 35 heures travaillées par semaine, en dépit de «l’explosion au niveau des signalements» et des «départs d’employés». 

 «La surcharge de travail est augmentée pour les employés qui restent», affirme cet employé. 

 Il ajoute que des «quotas» annuels, notamment pour l’évaluation des dossiers, seraient aussi imposés par la DPJ à ses employés. 

 «On a une pression de plus en plus importante par rapport à notre organisation pour faire plus sans coûter plus. [...] Ça nous amène – je n’aime pas prendre cette expression – nécessairement à couper les coins ronds et, visiblement, ça devient un terreau fertile pour des erreurs. Et on s’entend que des erreurs ne devraient pas arriver», a mentionné l’invité de Mario Dumont. 

 L’employé presse donc le gouvernement québécois de laisser tomber son «approche quantitative» en ce qui concerne la gestion de la DPJ. 

 «On est rendu à un moment où on doit faire le point sur la situation des services sociaux. [...] Malheureusement, la situation ne peut plus perdurer comme ça», avance l’intervenant. 

 Car, selon lui, «s’il n’y a pas de changement qui s’opère dès maintenant, la question qu’il faut se poser, ce ne sera pas si un événement comme ça va se reproduire ou non, mais [plutôt] quand».  

 ÉCOUTEZ l’entrevue de l’employé anonyme de la DPJ à QUB radio:  

 

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