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Une autre qui disparait

Une autre qui disparait

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Le marché automobile change rapidement.

Les besoins, les goûts et les modes impactent énormément sur le succès des constructeurs. Ainsi, des marques disparaissent pendant que d’autres se pointent le bout du nez. Ce faisant, on assistera prochainement à l’arrivée du constructeur américain Rivian (des utilitaires de luxe 100% électriques), ainsi qu’au retour de Peugeot prévu pour 2023. Qui l’eût cru!

Or, nombreuses sont les marques qui sont aussi récemment disparues. Pensez à Scion, à Suzuki, à Saab ou à Hummer, sans oublier Pontiac, dont l’annonce de sa mort avait été faite il y a tout juste dix ans. Et cette semaine, Mercedes-Benz annonçait la fin des émissions pour smart, qui aura été présente pendant 15 ans au Canada.

 

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C’est donc en 2005 que la smart (sans majuscule) s’est pointé le bout du nez au Canada. Trois ans avant qu’elle ne débarque aux États-Unis. Et encore à ce jour, cette petite puce demeure sans doute dans le Top 5 des voitures qui, à leur arrivée, ont suscité le plus de réactions.

 

Mes essais effectués avec un modèle coupé en 2005, puis un cabriolet en 2006, avaient eu pour effet de faire tourner les têtes de tous ceux qui la croisaient du regard. Plus que si j’avais été au volant d’une Lamborghini. Parce qu’elle était inhabituelle et qu’elle provoquait un sourire instantané. Je me rappelle même qu’un brigadier au coin d’une école primaire avait haussé le ton en s’adressant à des enfants qui refusaient de traverser la rue parce qu’ils voulaient voir la voiture, alors que j’étais immobilisé devant lui!

Fabriquée en France, la smart était issue de l’idée de Nicolas Hayek, créateur des montres Swatch. Longue de seulement 2,5 mètres, elle constituait la parfaite voiture des gens au mode de vie urbain. Sécuritaire grâce à sa structure renforcée qu’on baptisait Tridion et avant-gardiste en raison de ses panneaux de polycarbonate, la première smart avait toutefois le désavantage des roues motrices arrière et d’une transmission épouvantablement lente à réagir. Son moteur diesel n’était pas non plus très convaincant, quoique son couple en milieu urbain était apprécié.

Une smart aux États-Unis

C’est lors de l’arrivée de la nouvelle et seconde génération de la smart que les Américains l’ont découvert. Un dévoilement haut en couleur, ayant eu lieu au Salon de Detroit en 2007, qui avait fait énormément jaser, alors que l’entreprise avait littéralement inondé le centre-ville de ces petites bêtes, aux couleurs très voyantes. Un chauffeur de taxi, au volant de sa grosse Crown Victoria, s’était d’ailleurs écrié « What the hell is that? Half a car? » en voyant l’une d’elles le dépasser sur Jefferson Avenue!

Quelques mois plus tard, smart effectuait un lancement médiatique dans la région de Silicon Valley. Là aussi, elle faisait tourner les têtes. J’ai encore en mémoire l’image de deux collègues plutôt bien bâtis au volant d’une smart rouge, filant à 80 miles à l’heure sur l’autoroute. J’en ris encore!

 

Quelque temps après, Mercedes-Benz m’invitait pour l’essai d’une smart électrique dans la région de Stuttgart, en Allemagne. Une voiture prédestinée à ce genre de motorisation, mais qui a mis beaucoup de temps à débarquer au Canada. Lors de cet événement, j’avais aussi pu faire l’essai d’une smart Brabus. Une version haute performance, franchement surprenante, à moteur de 100 chevaux, mais qui n’aurait pu connaître du succès chez nous, considérant un prix qui aurait sans doute dépassé celui d’une Golf GTI. J’avais même pu jeter un œil à une smart spécialement préparée pour le rédacteur en chef du prestigieux magazine Vogue, laquelle coûtait la coquette somme de 58 000 euros en raison de son traitement esthétique unique et de ses cuirs issus de la haute couture.

J’ai aussi eu la chance en 2010 de prendre part à une folle aventure où une poignée de journalistes étaient conviés à conduire la smart depuis le Yukon jusqu’à Vancouver, en plein hiver. Des journées de dix heures à affronter des routes souvent impraticables, alors que nous étions entourés de poids lourds, des camionnettes et...de bisons !

Bref, on peut dire que Mercedes-Benz a mis beaucoup d’énergie dans la promotion et la commercialisation de sa smart. Et il en va de même pour les concessionnaires, qui ont dû aménager un espace spécifique dans leur salle d’exposition, afin de l’accueillir.

 

Une histoire à succès?

Hélas, la smart a connu sa meilleure année au Canada en 2009, alors qu’on ne vendait que 3 749 unités. Aux États-Unis, durant cette même période, on ne vendait que 14 595 voitures. Des chiffres minimalistes, considérant l’ampleur du marché. Et depuis, les ventes n’ont cessé de dégringoler. On comptait seulement 345 smart vendues au Canada en 2018, et 1 276 aux États-Unis.

En clair, on peut en conclure que la smart n’a été qu’un petit feu de paille pour le marché nord-américain. On l’a trouvée sympathique, audacieuse, mais ceux qui devaient s’en procurer une par pur plaisir l’ont tous fait. Et comme les concessionnaires sont beaucoup plus intéressés à vendre des Classe C et des VUS, inutile d’élaborer davantage sur les raisons qui ont poussé le constructeur à éteindre l’interrupteur.

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