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Situation déplorée par les syndicats: une «pression énorme» pour les employés

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 Épuisement professionnel, manque de budgets, hausse des signalements : les employés qui veillent à protéger les enfants ont une « pression énorme » sur les épaules et vivent dans la crainte constante qu’un drame survienne, dénoncent des syndicats. 

 « Quand arrive un drame comme ça [le décès de la fillette, à Granby], il y a beaucoup de professionnels qui se sont couchés en se disant que ça pourrait peut-être leur arriver à eux aussi », déplore Carolle Dubé, présidente du syndicat de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS). 

 Situations « épouvantables » 

 « Il y a plein d’autres enfants qui sont dans des situations absolument épouvantables », dit-elle, l’émotion dans la voix. 

 Selon deux syndicats, les coupes budgétaires des dernières années expliquent le manque de ressources humaines et financières dans les centres jeunesse. Résultat : des enfants ne reçoivent pas toute l’aide à laquelle ils ont droit. 

 « Augmenter le volume en même temps qu’on fait des coupures, c’est écrit dans le ciel qu’on va échapper des enfants et des familles », prévient Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN). 

 « Il y a plein d’enfants actuellement au Québec qui ne sont pas pris en charge, qui ne sont pas hébergés à l’endroit où ils devraient l’être [...] parce qu’on n’a pas les ressources pour répondre aux besoins », dit Mme Dubé. 

 Plus de signalements 

 Par ailleurs, le nombre de signalements auprès du Directeur de la protection de la jeunesse est en hausse au Québec (+5,3 % en 2017-2018). En Estrie, ce nombre a doublé depuis trois ans, indique la FSSS. 

 Parallèlement, plus de 500 postes de professionnels et de techniciens en soins étaient vacants dans les centres jeunesse du Québec l’an dernier, selon l’APTS. Dans ce contexte, les employés en prennent plus sur leurs épaules, et plusieurs se retrouvent en épuisement professionnel. 

 De plus, lorsque les employés malades ne sont pas remplacés, leurs collègues doivent assumer leur charge de travail. 

 « Cette pression-là, que vivent nos gens, ça a beaucoup d’impact sur leur santé mentale », constate Mme Dubé. 

 « La pression est énorme, dit M. Begley. C’est clair que les problèmes d’épuisement et de stress sont très grands. » 

 Selon la FSSS-CSN, la hausse de budget pour offrir les services à la population est de 2,83 % cette année, alors que les besoins nécessiteraient une augmentation de 5,2 %, note le syndicat. 

 Aussi, le syndicat déplore un manque à gagner de 379 millions $ pour le programme « Jeunes en difficulté » depuis 2013-2014.