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Malgré des signalements à la DPJ, un grand-père de la Beauce n’a pu éviter la mort de son petit-fils en 2011

Louis Jolicoeur son petit fils Miguel 2011 DPJ
Photos Jean-François Racine Depuis plus de huit ans, Louis Jolicoeur oscille entre la tristesse et la culpabilité de ne pas avoir réussi à sauver son petit-fils Miguel, même si la famille faisait l’objet d’un suivi rapproché de la DPJ.

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SAINT-GEORGES | Les atrocités subies par la fillette de Granby font revivre l’horreur à un grand-père de la Beauce qui a perdu son petit-fils, en 2011, malgré des signalements à la DPJ.  

«On le savait qu’il allait arriver quelque chose. Je voulais mettre une cagoule et aller sortir mes deux petits-enfants de là, mais on m’a dit que j’aurais des problèmes avec la police. J’aurais dû le faire. Je m’en veux tellement», lance Louis Jolicoeur, rongé par la tristesse et la culpabilité depuis des années.    

À l’époque, le personnel scolaire avait lui aussi sonné l’alarme sans pouvoir éviter le drame, dit-il.    

Le 9 mars 2011, un terrible accident a finalement coûté la vie à quatre personnes à Saint-Victor de Beauce.    

Selon le coroner, la tragédie a été provoquée par un geste volontaire du conducteur Stéphane Doyon, qui a délibérément dévié de sa voie pour heurter de plein fouet un camion sur la route 108.    

Quatre morts  

Le conducteur de 34 ans, sa conjointe Nathalie Drouin, 27 ans, alors enceinte de sept mois, le fils de cette dernière, Miguel Jolicoeur, huit ans, ainsi que Bryan Doyon, un bébé âgé d’à peine 10 mois, sont décédés. Deux autres enfants de deux et quatre ans avaient aussi été sévèrement blessés.   

Miguel Jolicoeur
Photo courtoisie
Miguel Jolicoeur

De plus, le coroner indique que le conducteur était sous l’effet de métamphétamines, une drogue qu’il consommait régulièrement, qu’il avait des démêlés avec la justice et que sa famille était l’objet d’un suivi rapproché de la DPJ.    

Huit ans après, Louis Jolicoeur a encore les larmes aux yeux devant d’autres scénarios semblables. À l’époque, il avait dû identifier son petit-fils Miguel à la morgue.    

Des excuses  

«Quand j’ai vu son corps, je me suis excusé de n’avoir rien fait. Miguel a été sorti de là, mais ils l’ont ramené. La DPJ est débordée. Il n’y a pas d’unité avec les policiers et les autres. Une travailleuse sociale qui vient prendre des notes, ça ne fait pas peur à grand monde. On a des foyers de vieux pour les gens âgés, mais on n’a pas de maison pour accueillir les enfants dans le besoin», déplore le grand-père de 58 ans.    

Le meurtre de la petite Rosalie Gagnon, le 17 avril 2018, à Québec, a fait surgir les mêmes douloureux souvenirs.    

«Je le vis chaque jour. C’est un autre cas qu’ils ont échappé. Encore la DPJ. Je suis certain que les intervenants ne se parlent pas. C’est épouvantable. Ça suffit, le chacun pour soi. On est responsables nous aussi», ajoute Louis Jolicoeur.    

La volonté d’agir du gouvernement Legault ne ramènera toutefois pas la fillette martyre de Granby. « Ça va allumer des gens, mais j’ai peur que ça arrive encore », termine-t-il.    

L’accident du 9 mars 2011   

  • 4 morts, 2 blessés graves       

Extrait du rapport du coroner Dr Pierre Guillemette    

«M. Doyon a eu plusieurs démêlés avec la justice dans le passé, dont certaines accusations graves et récentes en rapport avec des membres de sa famille. [...] M. Doyon ressentait beaucoup de stress et de colère face à l’ensemble de cette situation. En février 2011, plus ou moins un mois avant la collision mortelle, des intervenantes du CLSC notent qu’il manifeste de la frustration envers la DPJ, qu’il est très méfiant et qu’il se croit victime d’un complot.»    

 Source : Bureau du coroner