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DPJ: une loi qui a été resserrée en 2006

Les « enfants de la DPJ » peuvent parfois se montrer violents à l'endroit de leurs éducateurs.
Photo d'archives, Agence QMI

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Depuis sa réforme en 2006, la Loi sur la protection de la jeunesse cherche comme jamais à «maintenir l’enfant dans son milieu familial» après un signalement.  

Deux ans après son arrivée au pouvoir, le gouvernement de Jean Charest avait annoncé une révision de cette loi.  

Il réagissait à de nombreuses critiques qui avaient entre autres été diffusées dans Les voleurs d’enfance, documentaire-choc de Paul Arcand sur les dysfonctionnements de la DPJ. Il y dressait un portrait sombre : enfants malmenés, agressés et surtout «ballottés» d’un foyer d’accueil à l’autre.  

Par la suite, la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse de l’époque, Margaret F. Delisle, avait promis de mettre fin au «ballottage» des enfants de la DPJ.  

Après des semaines de consultation, la loi 125 avait été adoptée et mettait l’accent sur l’importance de conserver les liens familiaux entre les enfants et les parents ayant des difficultés.  

«Toute décision prise en vertu de la présente loi doit tendre à maintenir l’enfant dans son milieu familial», stipule la loi modifiée en 2006.  

Conciliation et intervention  

La conciliation et l’intervention de spécialistes au sein du milieu familial étaient alors préconisées.  

C’est «l’essence même de la loi» qui est liée à la responsabilité familiale, souligne l’avocat en droit de la jeunesse François-Bernard Saillant.  

«En gardant l’enfant dans le milieu familial, on veut voir l’implication des parents. Comme ça, le Directeur [de la protection de la jeunesse] a plus de facilité à aider, assister et conseiller les parents», a-t-il expliqué.  

«Impact sur la vie»  

Mais depuis la mort tragique de la fillette de 7 ans à Granby, plusieurs tentent de comprendre pourquoi le système n’a pas été en mesure d’empêcher un tel drame en extirpant carrément l’enfant d’un milieu nocif.  

Le directeur de la DPJ de l’Estrie, Alain Trudel, qui n’est plus en poste depuis hier, a d’ailleurs déclaré mardi «qu’avant de retirer un jeune de son milieu, ça prend des faits vérifiables. C’est la dernière chose que l’on veut, retirer un enfant de son milieu. Il peut y avoir un impact sur la vie de l’enfant».  

L’an dernier, une juge de la Chambre de la jeunesse avait conclu que de maintenir la fillette de Granby dans son milieu familial était la solution la «moins dommageable».