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Wooo! On se calme!

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Bonne nouvelle ! La conférence de Mathieu Bock-Côté, qui a été annulée à cause des risques de dérapage et des menaces de violence, aura finalement lieu le 9 mai, mais dans une autre librairie.

Vous me direz que cette histoire est anecdotique. Que ce n’est pas si grave si Mathieu, qui écrit pour le quotidien le plus lu au Québec, ne peut pas aller parler devant­­­ 33 personnes et demie dans une petite librairie indépendante du Royaume de Luc Ferrandez.

Au contraire, je trouve que l’Affaire Bock-Côté est le signe de quelque chose de très grave qui se passe au Québec : l’accu­sation de racisme utilisée comme arme ultime pour faire taire les gens.

Des libraires courageux

Hier à QUB radio, Richard Martineau a interviewé Bruno Lalonde et Fabienne Roques, qui ont décidé d’accueillir la conférence de Mathieu à leur Atelier-Librairie Le Livre voyageur. « Je n’imagine pas vivre dans une société où les libraires ont peur, a déclaré monsieur Lalonde. Je ne peux pas imaginer que des libraires se sentent menacés ».

C’est pourtant ce qui est arrivé au Québec­­­, en 2019. Des offusqués permanents ont traité Mathieu de raciste sur les médias sociaux et ont menacé de s’en prendre physiquement à lui.

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« Sale raciste ! » : c’est, en 2019, l’accusation la plus grave pour une personnalité publique. Quiconque veut vous faire taire, vous placer au ban de la société, vous désigner à la vindicte populaire, vous traite de raciste.

Cette semaine, un spectateur mécontent, qui n’avait pas aimé le spectacle de Guy Nantel (ce qui est son droit le plus légitime), l’a traité de raciste sur Facebook (ce qui est un cas de diffamation).

Au lieu de s’écraser, Nantel l’a confronté et l’a sommé de retirer ses propos. Le piteux pitou (qui jappait bien fort caché derrière son clavier) a présenté ses excuses et promis qu’il ne le referait plus. Bravo à Guy Nantel de s’être tenu debout !

En mars, à La soirée est (encore) jeune, Jean-Philippe Wauthier a reçu l’humoriste Mehdi Bousaidan, qui n’avait pas aimé un des intervenants à un débat sur l’immigration à Zone franche, la nouvelle émission de débat à Télé-Québec.

Sauf que Wauthier a allègrement varlopé ce participant, Alexandre Cormier-Denis, d’Horizon Québec Actuel.

Résultat : la semaine suivante, l’animateur avec le plus gros ego de toute la colonie artistique a dû s’excuser en ondes... « Pendant l’entrevue avec Mehdi, en lien avec ce débat, nous avons dit que M. Cormier­­-Denis avait des propos racistes et nous lui avons attribué des propos haineux. Réagissant à ce segment de l’émission, il nous a écrit que son organisation et lui étaient contre toute forme de racisme, une forme extrême de discrimination qui va à l’encontre de leurs valeurs. Nous revenons sur le sujet aujourd’hui, au nom de toute l’équipe, pour présenter des excuses à M. Cormier-Denis. C’était, dans les faits, inapproprié ».

Encore une fois, bravo à monsieur Cormier­­-Denis d’avoir exigé des excuses.

Droit de réplique

On assiste en ce moment à une polarisation des discussions au Québec. Les insultes pleuvent. Mais aucune ne fait plus mal que de se faire traiter de raciste.

La morale de cette histoire : quand vous êtes injustement accusé, tenez-vous debout­­­ ! Et n’ayez pas peur.