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À la conquête des 7 sommets

Sylvie Fréchette entamera l’ascension du dernier chapitre de son aventure

Depuis 2018, Sylvie Fréchette, qui s’envolera vers l’Alaska pour l’ascension du mont Delani, fait chaque conquête pour soutenir la cause de la santé mentale, en mémoire de son conjoint, François.
Photo Jean-Francois Desgagnés Depuis 2018, Sylvie Fréchette, qui s’envolera vers l’Alaska pour l’ascension du mont Delani, fait chaque conquête pour soutenir la cause de la santé mentale, en mémoire de son conjoint, François.

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En 2008, l’alpiniste Sylvie Fréchette faisait les manchettes en devenant la première mère canadienne à atteindre le sommet de l’Everest. Cet exploit colossal était un chapitre dans sa Conquête des 7 sommets, qu’elle s’apprête à conclure au mont Denali, en Alaska, le mois prochain.

« Les vents et le froid peuvent présenter un défi, même en été, mais mon expérience en Antarctique, où on a été confronté par moments à des températures à -50 degrés Celsius, m’a convaincue que ma “chaufferette interne” fonctionne bien », partage Sylvie Fréchette, 55 ans (qui n’a de commun que le nom avec la championne olympique de nage synchronisée).

La présence de crevasses, nombreuses du camp de base jusqu’au camp no 3, ne l’inquiète pas outre mesure, non plus. Elle progressera en cordée, au sein d’une équipe, ce qui lui offre les meilleures conditions pour se sortir du pétrin au besoin.

« Aucune inquiétude, je ne ferais jamais cette ascension seule : tomber dans une crevasse, et ne plus jamais être retrouvée, ça ne m’intéresse pas », ajoute l’alpiniste.

« J’en ai, des limites », précise-t-elle, en marge du discours « sans limites » répandu dans le monde de l’aventure.

Depuis 2018, Sylvie Fréchette, qui s’envolera vers l’Alaska pour l’ascension du mont Delani, fait chaque conquête pour soutenir la cause de la santé mentale, en mémoire de son conjoint, François.
Photo courtoisie, Sylvie Fréchette

Grimper pour la vie

« J’ai fait la promesse à mes trois filles de toujours revenir de mes expéditions. Ma vie sera toujours plus importante qu’un sommet », dit celle qui en sera à sa 21e ascension de plus de 4300 mètres.

Sylvie Fréchette n’a pas peur de renoncer à la cime d’une montagne, si les conditions lui semblent trop dangereuses. Le mont Aconcagua, en Argentine, lui aura par exemple pris trois tentatives. « Les courts moments passés au sommet, ce n’est pas ce qui est important. C’est plutôt le chemin qui me nourrit », dit l’aventurière de Québec.

Depuis 2018, Sylvie Fréchette, qui s’envolera vers l’Alaska pour l’ascension du mont Delani, fait chaque conquête pour soutenir la cause de la santé mentale, en mémoire de son conjoint, François.
Photo courtoisie, Sylvie Fréchette

Une épreuve assez difficile

En 2018, Sylvie Fréchette a attaqué deux des sept sommets sur sa liste : la pyramide Carstensz, en Nouvelle-Guinée, et le mont Vinson, en Antarctique. « Mon conjoint des dernières années s’est suicidé en novembre 2017. La montagne me fait du bien, et ces ascensions sont une façon pour moi de me rebrancher à la vie, à mon rêve », dit l’alpiniste. Viser les hauteurs pour s’éloigner des creux.

Elle grimpe maintenant pour la cause de la santé mentale, notamment chez les entrepreneurs, qu’était son François.

« Ça donne un peu de sens à l’énorme perte que j’ai acceptée. C’est aussi une façon d’honorer notre histoire », dit l’athlète qui a voyagé de par le monde dans sa quête de sommets.

Depuis 2018, Sylvie Fréchette, qui s’envolera vers l’Alaska pour l’ascension du mont Delani, fait chaque conquête pour soutenir la cause de la santé mentale, en mémoire de son conjoint, François.
Photo courtoisie, Sylvie Fréchette

Oser croire en soi

Pendant ses études en biologie, à la maîtrise, Sylvie Fréchette rêvait d’une carrière d’aventurière sur le terrain. Puis, la famille, et les enfants, et cette envie de les voir grandir assise aux premières loges, en choisissant un travail en milieu scolaire comme interprète orale auprès des enfants malentendants.

« L’aventurière était sur une tablette ; mes besoins étaient comblés en restant auprès de mes filles. Puis, elles ont grandi, l’appel vers le voyage aussi, et dans un stage d’immersion en anglais dans l’Ouest canadien pour enrichir mes compétences professionnelles, j’ai découvert qu’il existait une école d’alpinisme », raconte la mère de trois enfants.

Son mari lui dit alors de se lancer.

Pendant sa formation de 12 semaines, Sylvie Fréchette rencontre Lydia Bradley, une aventurière ayant gravi l’Everest sans oxygène. « Ç’a changé ma vie. J’ai compris qu’outillé d’un plan de match et d’une bonne préparation, tout était possible, même pour moi. On n’était après tout pas si différentes l’une de l’autre », dit l’alpiniste. La première étape : oser croire en soi, son mantra depuis.

En profiter pleinement

En montagne, l’aventurière gagne en énergie et en vitalité, vivant en symbiose avec ses valeurs de simplicité et d’émerveillement devant les splendeurs naturelles. Même les passages plus difficiles, qui arrivent forcément en altitude, elle les embrasse.

« On vit alors en équipe des moments précieux d’entraide qui me nourrissent profondément », partage la conférencière.

À l’approche de la conclusion de son rêve qu’elle avance sans presse depuis près de 15 ans, Sylvie Fréchette ne ressent aucune hâte.

Depuis 2018, Sylvie Fréchette, qui s’envolera vers l’Alaska pour l’ascension du mont Delani, fait chaque conquête pour soutenir la cause de la santé mentale, en mémoire de son conjoint, François.
Photo courtoisie, Sylvie Fréchette

« Je ne vois pas d’intérêt à faire vite dans la réalisation d’un rêve : il faut vivre le cheminement et en profiter, chaque instant. »

Sans qu’elle connaisse déjà la prochaine aventure qui la fera vibrer après la Conquête des 7 sommets, la mère-athlète sait que son histoire d’amour avec les montagnes ne se terminera jamais.

 

La Conquête des 7 sommets

La Conquête des 7 sommets vise l’ascension du plus haut sommet de chacun des sept continents. À plus de 8000 mètres, le mont Everest comme toit du monde pose le défi le plus extrême de la série, mais chaque montagne présente ses propres difficultés.

1. 21 mai 2008

Ascension du mont Everest (8850 m) au Népal, Asie

2. 13 janvier 2012

Ascension du mont Aconcagua (6962 m) en Argentine, Amérique du Sud

3. Juin 2019

Ascension du mont Denali (6168 m) en Alaska, Amérique du Nord

4. 2 novembre 2005

Ascension du mont Kilimandjaro (5895 m) en Tanzanie, Afrique

5. 26 juillet 2010

Ascension du mont Elbrous (5642 m) en Russie, Europe

6. 16 décembre 2018

Ascension du mont Vinson (4892 m) en Antarctique

7. 19 mars 2018

Ascension de la pyramide Carstensz (4884 m) en N.-Guinée, Océanie