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Bombardier et SNC, même combat de survie

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Méchante déconfiture boursière. Depuis l’été dernier, le titre de Groupe SNC-Lavalin a fondu de 53 %, et celui de Bombardier de 60 %.

Après que la Caisse de dépôt et placement du Québec ait englouti une fortune dans Bombardier et SNC-Lavalin, croisons maintenant les doigts pour que nos deux « fleurons » réussissent à se redresser et ainsi survivre.

Non seulement on a intérêt à protéger les milliards $ qu’on a investis dans ces deux multinationales québécoises, mais en plus il y a des milliers d’emplois fort bien rémunérés à sauver.

Au bâton

Juste avant la grande déconfiture, la valeur de « nos » placements dans Bombardier et Groupe SNC-Lavalin s’élevait à une somme astronomique de quelque 7 milliards de dollars.

Concernant Bombardier, le montant totalisait 3,65 milliards $, dont 2,35 milliards $ de la Caisse et 1,3 milliard $ du gouvernement du Québec :

  • 2 milliards $ dans Bombardier Transport
  • 294 millions $ dans 53,4 millions d’actions
  • 53 millions $ d’obligations
  • 1,3 milliard $ de Québec dans la C Series

Au sujet de Groupe SNC-Lavalin, les investissements de la Caisse jouaient entre 3,23 et 3,78 milliards $ :

  • 2,1 milliards $ dans 34,9 millions d’actions
  • 30 millions $ d’obligations
  • De 1 à 1,5 milliard $ dans SNC-Lavalin Autoroute Holding
  • De 100 à 150 millions $ dans SNC-Lavalin Innisfree McGill Financement

À la suite de la débandade boursière de SNC-Lavalin, la Caisse a vu son bloc d’actions dans la multinationale fondre de 1,1 milliard $ par rapport à sa valeur à la mi-juin 2018.

Du côté de Bombardier, la valeur du bloc d’actions détenu par la Caisse a fondu de 171 millions $.

Malheureusement, on n’a pas de mise à jour financière sur les investissements « privés » dans la C Series, Bombardier Transport, SNC Autoroute, SNC Innisfree...

SNC-Lavalin

Si SNC a tant chuté en Bourse depuis son haut de la mi-juin 2018, c’est en raison de trois facteurs majeurs :

  • le refus du ministère fédéral de la Justice de conclure un accord financier de réparation visant à permettre à SNC d’éviter un procès criminel ;
  • la politisation à outrance de ce dossier alors que les conservateurs et les néo-démocrates accusent Justin Trudeau d’avoir fait de scandaleuses pressions en faveur de SNC ;
  • la publication de résultats financiers fort décevants.

Le fait que SNC a déclaré jeudi une perte nette de 1,3 milliard $ pour son premier trimestre et annoncé qu’elle cessait ses activités dans une quinzaine de pays... a découragé beaucoup d’actionnaires.

Bombardier

Pourquoi l’action de Bombardier a-t-elle dramatiquement chuté depuis son haut du 11 juillet dernier, jour de l’annonce de la vente de la C Series ?

  • la cession à Airbus du contrôle de la C Series pour 0 $ a été très mal perçue ;
  • le dévoilement de résultats trimestriels décevants ;
  • le redressement de Bombardier s’avère plus long que prévu.

Et en liquidant à gros prix des blocs d’actions entre le 17 septembre et le début d’octobre, soit juste avant le commencement de la déconfiture boursière, Alain Bellemare et ses acolytes de la haute direction ont miné la confiance envers le potentiel de l’action en Bourse.