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«J’ai rongé mon frein» - Didier Lucien

Didier Lucien
Photo Martin Alarie Didier Lucien

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On a très peu vu Didier Lucien à la télévision ces dernières années, outre quelques petites apparitions ici et là. C’est maintenant chose du passé puisqu’il est de la distribution de la série «Appelle-moi si tu meurs», dans laquelle il incarne l’enquêteur Charles-Olivier, aux côtés de son bon ami Claude Legault.

Didier revient sur cette période difficile où il a eu à explorer d’autres disciplines pour gagner sa croûte.

Didier, que pouvons-nous dire de ton personnage dans «Appelle-moi si tu meurs», l’enquêteur Charles-Olivier?

C’est du grand bonheur pour moi de jouer ça. J’avais besoin de ce genre de rôle. Ça me permet de jouer des trucs plus dramatiques, et c’est génial. Ça m’amène à faire autre chose que de la comédie. C’est tellement bien écrit. C’est bien simple, les lignes viennent se coucher toutes seules sur le drame, et ça crée un bel univers.


Tu retrouves ton ami Claude Legault dans cette série...

À vrai dire, je retrouve les deux Claude avec qui j’ai un grand plaisir à travailler: mon ami Claude Legault, en effet, mais aussi le réalisateur Claude Desrosiers. C’est un bonheur total de retrouver ces deux-là. On est plus vieux qu’à l’époque de «Dans une galaxie près de chez vous», on est vraiment ailleurs dans nos vies, mais la chimie est toujours là et on a un plaisir complet à se retrouver. C’est tellement facile de travailler avec eux.

On ne t’a pas vu beaucoup ces derniers temps. Comment vas-tu?

Je vais bien. J’ai eu une longue et beaucoup trop calme période où je n’ai pas beaucoup travaillé, mais là, on dirait que tout arrive en même temps. Je n’ai pas autant travaillé depuis l’âge de 22 ans. C’est génial, parce que je tourne un peu plus: je suis aussi dans la série «Léo» et également dans une émission pour enfants à Radio-Canada. J’adore ça! Sinon, je joue beaucoup au théâtre.

Qu’est-ce que tu as fait durant cette période d’accalmie?

J’ai rongé mon frein un peu parce que personne n’avait besoin de moi. J’ai donc soigné le gros creux de vague qui arrive parfois dans ce métier. Ensuite, je me suis mis à lancer des projets, et la vie m’a mené du côté du cirque. J’ai travaillé sur des spectacles du Cirque du Soleil, dont «Luzia», pour lequel j’étais entraîneur des circassiens, et j’ai aussi fait de la mise en scène. Je me suis vraiment découvert une nouvelle passion et je pense que je ne pourrais plus ne faire que du jeu théâtral. Le cirque me manquerait trop. Ç’a été tellement nourrissant de travailler dans un nouvel univers.

Le fait qu’à un moment le téléphone ne sonne plus a-t-il été difficile pour toi?

Oui, mais curieusement, ça m’a pris un certain temps à me rendre compte que j’étais dans cette période d’accalmie, ce que chacun de nous dans ce métier redoute. C’est bien simple, après la fin de la série «Pure laine», en 2007, le téléphone n’a pas sonné une seule fois en cinq ans. Du jour au lendemain, je suis passé de plusieurs rôles à plus un seul. Quand j’ai compris que je n’allais peut-être pas travailler pendant longtemps, je me suis demandé ce que j’avais envie de faire pour les 10 années suivantes. Je ne voulais pas rester à côté du téléphone à ne rien faire. J’ai donc soumis des projets pour 10 ans avec le Théâtre Espace Libre, entre autres. Aujourd’hui, je n’ai plus de stress, puisque je crée moi-même mon emploi.

Dans un autre ordre d’idées, comment vont tes enfants?

Mes deux jumeaux, Yoakim et Izen, ont 14 ans, et ils sont géniaux. Ma grande fille est en appartement avec son amoureux. Elle a 23 ans et, des fois, je me dis que je vais être grand-papa dans peu de temps, tellement la vie va vite. Mais je suis prêt à devenir grand-père, même que j’ai hâte.

L’un de tes enfants semble-t-il vouloir suivre tes traces dans le métier?


Mes fils font de la musique et ils commencent tranquillement à s’intéresser au théâtre. Ce sont des jumeaux identiques, mais je pense qu’ils seront vraiment deux acteurs différents. Leurs forces ne sont pas à la même place. Ils sont intéressants à voir aller, ces deux-là. Ma fille voulait faire du théâtre au départ, mais finalement, elle ne voulait pas suffisamment pour en faire une carrière. Elle est maintenant en ébénisterie et heureuse. Moi, je suis content pour elle. C’est une passionnée de son travail.

Tu as eu des ennuis de santé sérieux lorsque tu as eu une hémorragie cérébrale en 2012. Comment vas-tu?

Je suis en pleine forme et j’attribue cela au fait que j’ai éliminé tout ce qui était stressant. Maintenant, si l’organisation d’un projet avec les gens en place ne fonctionne pas, je m’en vais. Je n’ai plus envie de me retrouver dans des situations professionnelles angoissantes et désagréables. Maintenant, je m’écoute, et ça marche bien. Je tente aussi de mieux organiser mes projets afin de ne pas avoir une vie de fou. J’ai été gravement malade, j’aurais pu y laisser ma peau. Donc, aujourd’hui, je prends les moyens pour que ça n’arrive plus.

Les séries «Appelle-moi si tu meurs» et «Léo» sont offertes sur Club illico.