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Le Fonds FTQ fait dans la location Airbnb

Un porte-parole explique que la pratique, bien qu’«inhabituelle», n’est pas «contraire» aux valeurs

Olivier Garon-Vincent
Photo Philippe Orfali Excédé par le vacarme causé par des locataires Airbnb, Olivier Garon-Vincent et sa conjointe ont mis fin à leur bail d’un commun accord avec le propriétaire de l’édifice situé sur la rue Papineau, dans le quartier Centre-Sud de Montréal.

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Alors que les syndicats s’en prennent régulièrement aux géants étrangers de l’« économie du partage » comme Uber et Airbnb, la location de logements dont le Fonds de solidarité FTQ est propriétaire a été confiée à Airbnb, a appris Le Journal.

Actionnaire d’un édifice de « condos locatifs » situé à Montréal par l’entremise du Fonds immobilier de solidarité FTQ, le fonds de travailleur a admis hier qu’il louait huit unités par l’entremise de Sonder. Cette entreprise californienne fondée par le québécois Francis Davidson Tanguay assure la gestion et la location à court terme d’appartements en les affichant sur Airbnb.

Rue Papineau, à Montréal, des locataires qui affirment avoir signé un bail de 12 mois sans avoir été mis au courant de cette pratique ont récemment quitté l’édifice ou changé d’étage.

Ils affirment que la présence de touristes de passage leur a rendu la vie « invivable », en plus d’occasionner des dommages importants à l’édifice inauguré en décembre 2017.

« Peu importe l’heure du jour ou de la nuit, peu importe le jour de la semaine, il y a des gens qui reviennent des bars bien imbibés d’alcool, ou encore qui font la fête toute la nuit dans l’appartement qu’ils louent sur internet. Ce sont généralement de jeunes touristes de passage à Montréal pour faire la fête », explique Olivier Garon-Vincent, qui a depuis mis fin à son bail, d’un commun accord avec le propriétaire, Loggia.

Cette société en commandite est détenue par le Fonds immobilier FTQ et le promoteur Beldex. C’est elle qui a procédé à la signature d’un bail commercial avec Sonder, a expliqué un porte-parole du Fonds de solidarité FTQ, Patrick McQuilken.

Autorisations obtenues

Cette situation est plutôt « inhabituelle » pour le Fonds, a-t-il reconnu, précisant que Loggia a obtenu toutes les autorisations nécessaires de l’arrondissement Ville-Marie.

La location de logements sur Airbnb n’est pas « contraire » aux valeurs du Fonds, et ce même si l’entreprise est fréquemment accusée d’évasion fiscale, en plus de contribuer à la pénurie de logements qui frappe actuellement Montréal.

« Certaines unités de l’édifice se sont avérées plus difficiles à louer, notamment celles donnant directement sur la rue Papineau. Comme solution de rechange, un bail a été accordé à Sonder pour huit unités. Nous avons une obligation de rentabilité », affirme le porte-parole.

Selon une étude présentée en mars, les arrondissements Ville-Marie et du Plateau-Mont-Royal sont particulièrement populaires sur la plateforme. Sur les 24 000 logements proposés par Airbnb à Montréal, plus de 60 % des offres seraient situées dans ces quartiers.

Ailleurs

D’autres logements dont le Fonds est actionnaire sont également mis à louer à court terme dans le quartier Griffintown, mais dans ce cas il s’agit de logements à louer quelques mois à la fois, destinés à des dirigeants d’entreprise de passage à Montréal, a poursuivi M. McQuilken.