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Vers un nouveau record de glissements de terrain

Il y a déjà près de 100 affaissements de sol répertoriés ce printemps

L’Outaouais, le Centre-du-Québec, la Montérégie et Charlevoix (photo) sont les régions les plus durement touchées depuis le début de l’année.
Photo courtoisie, TVA Nouvelles L’Outaouais, le Centre-du-Québec, la Montérégie et Charlevoix (photo) sont les régions les plus durement touchées depuis le début de l’année.

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Les inondations catastrophiques, les fortes précipitations printanières et la fonte des neiges annoncent un nouveau record de glissements de terrain au Québec.

À la suite des inondations catastrophiques de 2017, le Québec avait fracassé tous les records de glissements de terrain. Pas moins de 351 dossiers de mouvements de sol avaient été répertoriés par le ministère des Transports.

Entre avril et juin de cette même année, marquée de fortes précipitations, un total de 217 affaissements avait été répertorié.

Il s’agissait d’une première depuis le « déluge » du Saguenay en 1996. Certaines histoires d’horreur ont d’ailleurs par le passé décimé des familles, comme à Saint-Jude en mai 2010.

Nouveau record

Cette année, les experts prévoient que ce record risque d’être battu.

« Avec les données actuelles, j’en ai bien l’impression », affirme Serge Leroueil, spécialiste en mécanique des sols et argiles.

Déjà, selon des chiffres obtenus par notre Bureau enquête, au moins 85 glissements de terrain ont été observés ce printemps (voir ci-dessous).

« Il y a deux aspects. Il y a la neige qui fond et il y a les pluies importantes. Et tout ça, c’est beaucoup d’eau qui s’infiltre dans le sol et a pour effet de diminuer la résistance du sol et de conduire éventuellement à des glissements de terrain », a expliqué le chercheur à la retraite.

Les talus posent aussi un sérieux problème. Un talus est une surface de terrain en forme de pente qui est réalisé dans le cadre d’aménagement du territoire, principalement lors de travaux de terrassement, de construction d’une route ou d’une digue comme celle qui s’est rompue à Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

« Beaucoup de nos talus sont en bordure des rivières. Des rivières chargées d’eau et de glaces viennent éroder le pied des talus, ce qui les déstabilise. Avec tout ça, on a davantage de glissements de terrain », expose le spécialiste.

La Santé publique a également informé notre Bureau d’enquête de ses inquiétudes.

Le début

Selon nos informations, le pire reste à venir. En plus des précipitations, les affaissements devraient augmenter une fois que l’eau des inondations s’en ira.

Ainsi, jusqu’au mois de juin, le nombre de glissements devrait croître rapidement, soulignent des sources au MTQ.

Afin de prévenir les drames, le MTQ a instauré un service de cartographie des territoires susceptibles de vivre des glissements de terrain.

« Lors de mouvements de sol, les experts du ministère des Transports effectuent les relevés nécessaires, font une analyse et produisent des recommandations afin d’assurer la sécurité des personnes et des biens », souligne la porte-parole du MTQ, Émilie Lord.

Les connaissances « sont bien avancées » au Québec, indique Serge Leroueil. « Mais, ça ne veut pas dire qu’on est capable d’éviter tous les glissements. »


► Cliquez ici pour consulter la carte des zones à risque de glissement de terrain.

 

Deux événements récents

  • Le 26 avril, un glissement de terrain a fait disparaître une section de la marina de Deschaillons-sur-Saint-Laurent. Le mouvement fut d’environ 20 mètres.
  • Le 28 avril, de nombreux glissements de terrain ont causé d’importants dégâts dans Charlevoix, notamment aux Éboulements, en raison de fortes pluies. La municipalité parle d’au moins 100 000 $ de dégâts.
  • En 2013, Le Journal révélait que 80 % du territoire habité du Québec était à risque de glissement de terrain, d’affaissement ou d’inondation. Le Québec étant bâti sur des sols sensibles.

Nombre de glissements de terrain

  • 2019 : 85 (jusqu’au 2 mai)
  • 2018 : 194
  • 2017 : 351 (record)
  • 2016 : 95
  • 2015 : 105
  • 2014 : 158
  • 2013 : 155
  • 2012 : 116

*Les données sont toujours cumulées du 1er janvier au 31 décembre.