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Agent de la faune: une contravention alors qu’il répondait à une urgence

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Un agent de la faune qui s’est fait épingler par un radar photo a échoué dans sa tentative de contester sa contravention, même en expliquant au juge qu’il répondait, avec ses gyrophares allumés, à un appel d’urgence pour un orignal mettant en danger des automobilistes. 

L’animal se baladait dans les environs de Saint-Gabriel-de-Valcartier, le 1er décembre, quand les bureaux de la protection de la faune de Charlesbourg ont été avertis. En s’y rendant, l’agent a brûlé un feu rouge, ses gyrophares allumés ne faisant pas échec au scintillement du radar photo. 

L’agent qui était au volant a dû se rendre lui-même devant le juge pour contester l’infraction, en vain. Pour des infractions relatives aux radars photo, quelques véhicules peuvent se soustraire à la loi en cas d’urgence. Mais pas les agents de la faune. 

«Tu vas faire ton travail, puis tu te ramasses en cour et tu es déclaré coupable», expose le président du syndicat des agents de la faune, Martin Perreault, prenant la parole à la place de l’employé puisqu’il craignait que celui-ci s’expose à des sanctions s’il ébruitait lui-même l’affaire. 

«Oubliés» 

Le porte-parole péquiste en matière de forêts, de faune et de parcs, Sylvain Roy, pointe du doigt la récente refonte du Code de la sécurité routière qui est entrée en vigueur au mois de mai dernier. 

«Dans ce cas-ci, on voit qu’on les a oubliés. Des recommandations ont été faites, mais elles n’ont pas été retenues, blâme M. Roy. Il va falloir considérer ces gens-là comme de vrais professionnels qui ont besoin de tous les outils nécessaires pour protéger notre patrimoine collectif.» «Cette histoire est connue des agents. Ils ne veulent pas se mettre dans le trouble. Ils sont quasiment justifiés de ne pas faire un déplacement urgent pour éviter de payer un ticket», déplore M. Perreault. 

Le cabinet du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a laissé savoir que ce dernier n’avait pas de commentaire à faire et que le Code de la sécurité routière relève avant tout du ministère de la Sécurité publique. 

Rappelons que les agents de la faune ont le mandat de protéger les habitats fauniques et d’immobiliser les animaux intrus en milieu urbain, mais aussi de veiller à «la sécurité en collaboration avec les autres services de protection du public», selon le site du ministère.