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«Ma place, je ne l’ai pas volée!»

Vingt-quatre heures après avoir gagné La Voix, Geneviève Jodoin se confie

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Bien qu’aucun candidat de plus de 30 ans — ou même 40 ans — n’ait remporté La Voix auparavant, Geneviève Jodoin n’a pas laissé cette statistique freiner son élan quand elle s’est présentée aux préauditions du concours, l’été dernier. « J’y suis allée tête première, relate la lauréate de 41 ans. De toute façon, dans ma tête, j’ai 25 ans ! »  

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Rencontrée à TVA moins de 24 heures après avoir gagné la septième saison du concours devant 2 004 000 téléspectateurs, Geneviève Jodoin paraît heureuse, mais surtout exténuée. Après plusieurs semaines de stress et d’émotion intenses, quiconque expérimenterait une chute d’adrénaline aussi subite peinerait à retenir ses bâillements au cœur d’une journée tapissée d’entrevues.  

« Je n’ai pas dormi, avoue-t-elle. J’ai fait le party parce que je ne pouvais pas concevoir que j’allais me transformer en citrouille à minuit parce que j’avais une grosse journée devant moi. Je voulais en profiter un peu. »  

Une décision en famille  

Ancienne choriste de l’émission Belle et Bum à Télé-Québec, Geneviève Jodoin a décidé de participer à La Voix après s’être assurée que son conjoint — et leurs trois enfants, Jules, 15 ans, Zénon, 11 ans, et Félixe, 9 ans — soutenait sa démarche. Parce qu’une telle décision allait nécessairement chambouler la dynamique familiale, souligne l’ex-Montréalaise qui exploite une auberge/bistro culturel à L’Isle-aux-Coudres depuis maintenant six ans.  

« Ça impliquait beaucoup d’absences­­­, quatre heures et demie de route... mais il fallait que j’essaie­­­. J’aurais senti quelque chose d’inachevé si j’avais laissé tomber. Durant toute ma carrière, j’ai toujours gardé ma petit trail de garnotte tranquille, mais je savais bien qu’un jour, ça allait aboutir sur l’autoroute. Et l’autoroute, je l’ai enfin pognée... en Formule 1 en plus ! »  

Geneviève Jodoin affirme avoir été « soufflée » par l’appui du public au cours des derniers mois. « Je n’ai jamais vécu quelque chose d’aussi intense. C’est incroyable ! C’est dur à absorber. »
Photo Chantal Poirier
Geneviève Jodoin affirme avoir été « soufflée » par l’appui du public au cours des derniers mois. « Je n’ai jamais vécu quelque chose d’aussi intense. C’est incroyable ! C’est dur à absorber. »

Saisir sa chance  

Quand on rappelle à Geneviève Jodoin, qui compte trois albums derrière la cravate, combien certaines personnes sourcillent en voyant des chanteurs professionnels participer à La Voix, cette dernière hausse les épaules.  

« Il y a en a qui me disaient : “Tu l’as eue, ta chance. Laisse la place aux jeunes”. Mais elle expirait quand, ma chance ? La musique, c’est ma passion, mais je n’étais plus capable d’en vivre. Alors pourquoi je n’aurais pas le droit, comme les jeunes, de saisir cette chance ? »  

« Ma place, je ne l’ai pas volée ! ajoute la détentrice d’un bac en chant jazz à l’Université de Montréal. Ne serait-ce que pour prouver aux enfants qu’il n’est jamais trop tard pour poursuivre ses rêves, je devais faire La Voix. »  

Auberge en demande  

Geneviève Jodoin multipliera les allers-retours Montréal-Charlevoix au cours des prochains mois. Dimanche, elle présentera un prix au gala Artis. Elle devrait également accompagner Corey Hart sur scène durant ses concerts en juin, puis tenir l’affiche du spectacle La Voix Expérience à Québec et Montréal en août et septembre.  

Son été s’annonce d’autant plus chargé que l’intérêt pour son auberge, La Fascine, a grandi de manière exponentielle depuis son audition à l’aveugle. « Mes employés me disent qu’ils reçoivent des appels de gens qui veulent me parler. Les gens s’arrêtent pour prendre la façade en photo... C’est l’année où les billets partent le plus vite. Plusieurs shows affichent déjà complet ».  

« C’est une autre raison pour laquelle je voulais faire La Voix, poursuit-elle. J’avais envie de faire rayonner la région de Charlevoix. Je voulais faire comprendre aux gens qu’ils n’ont pas toujours besoin d’aller en vacances aux États-Unis. Le Québec, c’est tellement beau. »