/news/currentevents
Navigation

Meurtre de Salvatore Scoppa: une signature inhabituelle

Coup d'oeil sur cet article

L’assassinat d’un mafieux dans un hôtel de Laval n’affiche pas la signature habituelle des groupes criminalisés, alors que ceux-ci préfèrent généralement commettre leurs meurtres loin des regards, selon des experts.

« Juste la manière, soit qu’il ait été tiré avec une balle dans la poitrine et une [ou plusieurs] dans la tête, on voit que c’est une exécution. Il [l’assaillant] ne voulait vraiment pas le manquer », explique la criminologue et auteure Maria Mourani.

Samedi, Salvatore Scoppa, un mafioso qui avait déjà été ciblé par une tentative de meurtre en 2017, a été touché par plusieurs projectiles d’arme à feu.

Il a été abattu vers 22 h dans l’entrée de l’hôtel Sheraton, situé près de l’autoroute 15, par un tireur cagoulé.

L’assaillant a ensuite pris la fuite dans un Ford Explorer noir conduit par un complice, en utilisant les voies rapides.

Exécution risquée

Selon l’auteur et ancien analyste de renseignements de la Gendarmerie royale du Canada, Pierre de Champlain, ce règlement de compte est inhabituel.

Scoppa a été tué alors qu’il assistait à une fête familiale dans un établissement bondé de citoyens innocents.

L’expert soutient qu’en général, les gens de la mafia n’aiment pas prendre des risques.

Toutefois, il concède que la relève semble peut-être plus téméraire et prête à tout pour être reconnue par ses pairs.

« Ce sont des choses qu’on ne voyait pas dans la mafia il y a 25 ans. Quand on voulait tuer, on tuait caché. Mais les jeunes mafieux d’aujourd’hui ne sont pas comme il y a 30 ou 40 ans. Ce n’est pas dans leur culture ni dans leur mentalité », explique-t-il.

À tout prix

La vie de Salvatore Scoppa était menacée depuis longtemps. Notre Bureau d’enquête rapportait d’ailleurs en 2015 qu’au moins trois « contrats » avaient été mis sur sa tête.

« Cette fois, ils ne voulaient pas le rater. L’endroit choisi était justement pour éviter qu’il prenne des précautions et qu’il soit sur ses gardes. Ça faisait longtemps qu’il était visé. Dans le milieu, ils le considéraient comme un crazy. Lui et son frère [le chef de clan Andrew Scoppa], ils avaient leur propre clan », rappelle Mme Mourani.

– Avec Félix Séguin et Axel Marchand-Lamothe