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Père de Daphné Huard-Boudreault: toujours la peur de tomber face à face avec le meurtrier de sa fille

Daphné Boudreault
Photo d'archives Éric Boudreault

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Le père de Daphné Huard-Boudreault, assassinée par son petit ami alors qu’elle tentait de se sortir d’une relation toxique, est sous le choc en raison du dénouement judiciaire de l’affaire.

Après l’avoir pourchassée inlassablement, le 22 mars 2017, Anthony Pratte-Lops poignardait à mort la jeune femme de 18 ans dans une maison de Mont-Saint-Hilaire, en Montérégie. Le procès de l’accusé devait débuter lundi, mais contre toute attente, il a plaidé coupable à des accusations réduites de meurtre non prémédité.

«Ça ne faisait pas partie de nos scénarios», a simplement laissé tomber le père de la victime, Éric Boudreault, en entrevue à LCN, lundi matin. Il s’attendait plutôt à voir s’amorcer le procès.

Mais la Couronne a plutôt convoqué lui et les proches pour leur expliquer qu’elle avait conclu une entente avec la défense, leur indiquant qu’ils devaient se préparer à parler au juge tout comme à l’accusé. «On s’est sentis bousculés», a expliqué le père.

«Émotivement, ça passe plus ou moins parce qu’il est accusé d’un meurtre non prémédité», a-t-il poursuivi, estimant que c’est tout à fait le contraire. «On n’a pas le choix de toute façon. On n’a pas un mot à dire sur l’entente.»

Peur qu’il fasse du mal «à ceux qui restent»

Les proches de la victime ont toutefois été invités à s’adresser à Anthony Pratte-Lops, et «tout le monde a écrit un mot», confirme M. Boudreault.

Ils lui ont ainsi raconté tout le mal qu’il avait causé, «les effets collatéraux», le fait qu’ils «pensent à lui chaque fois [qu’ils] barrent la porte», le fait qu’ils ont «peur de tomber face à face avec lui». «On sait que ça n’arrivera jamais, par contre je ne sais pas pourquoi, mais c’est dans notre tête. On l’imagine tout le temps se sauver de prison et faire du mal à ceux qui nous restent», a mentionné Éric Boudreault.

L’accusé, lui, n’a pas réagi. Il regardait par terre, «impassible», décrit l’homme qui se dit toujours en train de panser ses plaies.

S’il doute fortement que Pratte-Lops ait «compris quelque chose» et qu’il ait des remords, le père de Daphné préfère maintenant se concentrer sur le plein rétablissement de son clan.

«On ne veut pas que ça arrive à d’autres jeunes femmes. [...] Elle n’est pas partie pour rien», a-t-il conclu.