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Scénario: Thornton vs Bruins

Joe Thornton
Photo d'archives Premier choix des Bruins en 1997, Joe Thornton a disputé sept saisons à Boston.

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Il y a quelques jours, dans une conversation à bâtons rompus avec Louis-Philippe Neveu, le producteur exécutif du hockey à TVA Sports, on discutait des rebondissements dans le monde de la Ligue nationale. Rarement avait-on assisté à autant de surprises. Rarement avait-on vu autant de scénarios, plusieurs tirant pratiquement de la pure fiction.

Puis, LP, qui ne manque jamais d’imagination, me lança : « Tu imagines, une finale entre les Bruins et les Sharks, et, après le dernier match de la série, au centre du Garden de Boston, Joe Thornton soulève la coupe Stanley et annonce que sa carrière est terminée. »

Wow.

On peut toujours rêver.

Pourtant, doit-on rayer le moindre scénario, même les plus fous, pour mieux illustrer tout ce qui se passe dans le cadre du tournoi printanier ?

  • Le Lightning de Tampa Bay est éliminé en quatre matchs.
  • Les Penguins de Pittsburgh sont sortis en quatre parties.
  • Les Predators de Nashville s’inclinent devant les Stars de Dallas.
  • Les Jets de Winnipeg disparaissent avant même la fonte des neiges.
  • Oh, les Flames de Calgary succombent devant l’Avalanche du Colorado.
  • Euh... les Capitals de Washington, champions en titre, rangent les équipements après sept matchs au premier tour devant les Hurricanes de la Caroline.

On dit bye bye à ces équipes qui avaient dominé tout au cours de la saison régulière. C’est terminé.

Tout le monde retourne à la table à dessin, on veut savoir ce qui s’est produit exactement. On remet en cause la gestion quotidienne. On s’interroge sur les effectifs. On a du mal à se remettre d’un constat d’échec qui remet en question bien des théories sur la façon de bâtir une équipe capable de réussir avec très grande distinction l’examen du printemps.

Mais, pour les présentes séries éliminatoires, alors que les équipes qui, en principe, devaient se livrer une lutte sans merci sont disparues de la carte, tous les scénarios doivent être envisagés. Depuis le premier tour, il n’y a plus rien qui tient. On est passé de l’impensable à la réalité.

Tout est plausible.

Et, une finale entre les Bruins et les Sharks s’inscrit dans le domaine des fortes possibilités. Les deux équipes ont pris les devants 3-2, samedi soir, cependant elles auront à disputer le sixième match à Columbus et à Denver, respectivement.

Mais revenons à Joe Thornton, à sa 21e saison dans la LNH, tout premier choix de la sélection de 1997. Il a disputé sept saisons, plus 23 matchs à Boston. Mais, les Bruins n’ont jamais digéré l’élimination en sept matchs face au Canadien. Ils étaient largement favoris, mais Thornton a terminé avec aucun point au compteur. On le disait blessé sérieusement à une hanche, et pourtant, son vis-à-vis chez le Canadien, Saku Koivu lui aussi avait joué en dépit d’une blessure. Il avait contribué aux succès de son équipe.

Après le lockout, Thornton amorça la saison 2005-06 avec les Bruins, mais à Boston on n’avait pas oublié les séries de 2004. Après 23 matchs et 33 points à sa fiche, le joueur de centre prit la direction de San Jose, en retour de Marco Sturm, Brad Stuart et Wayne Primeau. En 58 matchs avec les Sharks, il récolta 20 buts et 72 passes pour 92 points, termina au premier rang des pointeurs, et on lui accorda également le trophée Hart.

Imaginez un instant le scénario si jamais Thornton saluait les Bruins et leurs partisans avec une barbe bien fournie, mais surtout avec le célèbre trophée au bout de ses bras.

Nouvelle vague

Peut-on penser un seul instant que les Hurricanes accèdent... euh. Mais quoi ? Tout est possible, n’est-ce pas ?

Cette équipe est au repos. Elle connaîtra l’identité de son prochain rival ce soir ou mercredi. Columbus ou Boston ? Entre-temps, les joueurs savourent le moment. Au cours des dernières semaines, on a appris à connaître cette équipe dynamique, animée par un entraîneur, Rob Brind’Amour, qui, comme je le précisais la semaine dernière, porte toujours son uniforme, qu’il camoufle sous un complet dernier cri. Il pense comme l’ex-joueur et comme l’entraîneur qui a rapidement fait les ajustements pour mieux comprendre la nouvelle génération.

Les résultats sont renversants.

De quoi faire réfléchir les directeurs généraux de la Ligue nationale. Vont-ils imiter les Hurricanes ?

Mais, avant de sauter aux conclusions, on s’accordera du temps. Se pourrait-il que les nombreux rebondissements soient à l’origine de l’émergence des Hurricanes ? Peut-être. Mais les Hurricanes n’ont-ils pas tracé leur chemin, n’ont-ils pas écarté les équipes qui cherchaient à s’interposer ?

On retiendra avant tout qu’ils ont contribué d’une façon spectaculaire à basculer par-dessus bord toutes les prédictions en écartant les Capitals du parcours menant jusqu’à la grande finale ? N’ont-ils pas démontré qu’ils formaient une équipe redoutable, avec une brigade défensive faisant l’envie des bien des formations ? N’ont-ils pas gagné leurs six derniers matchs en accordant à de brillants jeunes joueurs la possibilité d’étaler leur talent ? N’ont-ils pas misé sur quelques vétérans, comme Justin Williams, des vétérans exerçant un impact exceptionnel ?

Peu importe s’ils parviennent à passer la troisième étape, les Hurricanes auront réalisé l’impensable.

Et, en plus, ils auront ramené les amateurs à l’amphithéâtre. C’est peut-être l’exploit le plus remarquable accompli par cette équipe. On fait maintenant salle comble. Qui l’eût cru ?

On va évidemment se garder une petite gêne et attendre les retombées des succès remportés jusqu’à maintenant. Les amateurs seront-ils au rendez-vous la saison prochaine ?

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