/investigations
Navigation

Vito Rizzuto résonne encore aux États-Unis: écoutez le quatrième épisode du balado Narcos PQ

Un célèbre policier se rappelle son intelligence

Vito Rizzuto
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

Le nom Vito Rizzuto, le dernier parrain de la mafia montréalaise, résonne encore dans les bureaux de la police antidrogue américaine, qui le considère comme l’un des criminels les plus intelligents de son époque.  

• À écouter aussi - Le narcotrafiquant qui n’en était pas un

• À écouter aussi - De l’héroïne cachée dans son estomac

• À écouter aussi - Il transportait argent et drogue pour les Rock Machine

• À écouter aussi - Un Québécois a fait fortune dans la fabrication de drogue

C’est ce qu’on peut apprendre d’une entrevue avec Mike Vigil, l’ancien chef des opérations internationales de la Drug Enforcement Administration (DEA).   

Celle-ci est diffusée dès aujourd’hui dans le quatrième épisode de Narcos PQ, un balado produit par notre Bureau d’enquête.     

  • ÉCOUTEZ le dernier épisode du balado Narcos PQ:   

  

Avec Pablo Escobar  

L’agence américaine vouée à l’éradication du trafic de stupéfiants a commencé à s’intéresser à Rizzuto au cours de la guerre qui secouait la mafia new-yorkaise il y a 40 ans. C’est d’ailleurs en 1981 que le criminel montréalais a commis le triple meurtre de trois rivaux de la famille Bonanno.   

«Il blanchissait de l’argent avec l’aide d’entreprises, par le trafic de diamants et d’or, mais ce sont ses nombreuses compagnies fictives qui lui ont permis de lessiver de très gros montants d’argent», affirme l’ex-agent.   

«Il était probablement plus intelligent que la majorité [des mafieux].»   

Mike Vigil affirme également que les opérations de surveillance de la DEA prouvent que le défunt parrain faisait affaire avec les cartels colombiens de la drogue, dont celui de Medellín dirigé par le baron Pablo Escobar.   

À sa connaissance, Rizzuto n’a jamais rencontré Escobar en personne, car ce genre de rencontre aurait été trop compromettante pour le mafieux.   

«Il laissait ses associés s’occuper de ça pour ne pas trop s’exposer», lance celui qui a traqué les plus grands narcotrafiquants, dont le mexicain El Chapo Guzman, du cartel de Sinaloa.   

Politiciens dans sa poche  

L’ancien officier de la DEA dit avoir la preuve que Vito Rizzuto avait réussi à corrompre des politiciens.   

«Je ne vais pas nommer de noms, mais il avait des politiciens et des policiers dans sa poche. Il avait réussi à corrompre plusieurs personnes.»   

Il dresse un portrait extrêmement sombre des activités de celui dont le clan a régné sur Montréal du début des années 1980 jusqu’à son décès des suites d’une pneumonie le 23 décembre 2013.   

«Il a fait couler tellement de sang, il a importé tant de drogue qui ont empoisonné tant de Canadiens. À lui seul, il a détérioré le tissu social de ce beau grand pays.»