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Le secteur privé veut désengorger le réseau de la santé à Québec

Un médecin demande à la CAQ de tenir sa promesse de réduire les listes d’attente

Daniel Lapointe
Photo DIDIER DEBUSSCHERE Le directeur médical d’Opéra MD, Daniel Lapointe, estime que sa clinique privée pourrait opérer de 10 à 25 patients du système public par jour, contribuant ainsi à désengorger le réseau de la santé.

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Après Montréal, les opérations réalisées au privé gagnent des adeptes à Québec. Le patron de la première salle d’opération privée dans la capitale croit même que le gouvernement devrait utiliser davantage ses installations pour désengorger le réseau de la santé.

Ouverte à l’automne 2017, Opéra MD réalise environ 50 interventions par semaine et la demande est en croissance. Cependant, la clinique, qui possède quatre salles d’opération dans Lebourgneuf, roule toujours à moins de 50 % de sa capacité.

«On veut et on peut contribuer au système de la santé, comme c’est le cas à Montréal. On pourrait facilement faire de 10 à 25 patients du système public par jour. Cela permettrait aux hôpitaux d’utiliser l’espace pour d’autres types d’opérations», fait valoir au Journal le directeur médical, Daniel Lapointe.

Ce dernier fait allusion au projet pilote qui permet à trois cliniques privées — Centre de chirurgie Rockland MD, Groupe Opmédic et Chirurgie DIX30 — d’opérer gratuitement des patients grâce à un accord avec le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Rappelons que le Centre Rockland a ouvert la première salle d’opération privée au Québec en 2007.

Promesse électorale

M. Lapointe a injecté 4 millions $ pour ouvrir le premier établissement d’envergure du genre à Québec.

Il collabore déjà avec le gouvernement dans le cadre d’interventions pour des soins dentaires sous anesthésie générale pour les enfants de moins de 10 ans.

Il aimerait maintenant que le gouvernement tienne sa promesse électorale de réduire les listes d’attente pour des opérations mineures.

En août dernier, les troupes de François Legault s’étaient engagées à mandater une clinique à Québec qui traiterait des patients qui attendent depuis plus de six mois.

L’objectif était d’étendre dans la capitale le projet pilote lancé en 2016 dans la métropole.

«C’est une promesse du gouvernement facile à réaliser et là, il ne se passe pas grand-chose. On pourrait aider en faisant plus de chirurgies non urgentes. J’ai des groupes de chirurgiens qui seraient intéressés à faire des cataractes, et d’autres, des chirurgies bariatriques. Notre mission ne serait pas de faire des cas très lourds», souligne l’anesthésiologiste de formation, qui a déjà contacté le MSSS.

«Selon moi, à long terme, une collaboration avec le privé est peut-être la seule solution pour que le système de santé continue de subvenir aux besoins de la population», poursuit-il.

Charmer les entreprises

Par ailleurs, Opéra MD, qui fait notamment de la chirurgie esthétique, orthopédique, maxillo-faciale et ORL, veut également charmer les entreprises.

La direction de l’établissement mentionne qu’elle peut réaliser certaines interventions dans un délai plus rapide qu’à l’intérieur du système de santé.

Elle collabore déjà avec les Forces armées canadiennes. La facture revient toutefois aux employeurs.

Depuis mai 2016, 48 066 opérations ont été réalisées au privé, selon des données du MSSS dans le cadre du projet pilote à Montréal.

La clinique Opéra MD

  • Investissement de 4 millions $
  • Quatre salles d’opération
  • Environ 50 interventions par semaine
  • 22 travailleurs à temps plein et à temps partiel
  • Ouverte en novembre 2017