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Prison de Donnacona: un programme d’échange de seringues dérange

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L'idée d'implanter un programme d'échange de seringues entre les murs de la prison de Donnacona dérange.

«On dit que la drogue est illégale, mais on donne l'outil pour s'injecter, c'est un non-sens, on ne comprend pas où va le gouvernement», dénonce Frédérick Lebeau, du Syndicat des agents correctionnels du Canada.

Le programme vise à prévenir les infections en fournissant du matériel stérile aux détenus. Ils pourront s'injecter leur drogue dans leur cellule.

«Avec un kit de vitamines, une cuillère, tout ce qu'on voit dans les films, c'est ce qui est en train de se produire dans nos institutions fédérales présentement», fait savoir M. Lebeau.

Le représentant des agents correctionnels craint les «infections par l’hépatite B, l’hépatite C, des attaques aux seringues. [...] On a une veste anti-pic, mais pas conçue pour que l'aiguille ne pénètre pas dans nos vestes», ajoute Frédérick Lebeau.

Le pénitencier de Donnacona est reconnu pour la quantité de drogue qu'on retrouve à l'intérieur de ses murs.

«Pas confiance aux détenus»

Service correctionnel Canada a décliné la demande d'entrevue de TVA Nouvelles, indiquant ne pas savoir quand le programme serait implanté à Donnacona. Il l'est déjà dans des établissements d'autres provinces canadiennes, mais au Québec, c'est à la prison pour femmes de Joliette qu'il sera introduit en premier, à la mi-mai.

L'auteur et documentariste Yves Thériault s'intéresse au domaine correctionnel depuis longtemps. Il ne voit pas comment le programme d’échange de seringues pourra être appliqué avec succès.

«Je ne fais pas confiance aux détenus à qui on va confier des seringues propres et qu'il va s’en servir seulement pour usage personnel. C’est trop facile d'échanger des choses en prison. Tout circule, tout est sujet à trafic, en prison», soutient M. Thériault.

Le Syndicat des agents correctionnels du Canada tient mordicus à ce que les seringues ne se retrouvent pas dans les cellules des détenus. Toutefois, un site d'injection supervisé dans la prison pourrait être un compromis envisageable.