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Sans attaque, sans mordant

Le milieu de terrain Samuel Piette se bat avec Hébert du NYCFC pour la possession de balle, samedi.
Photo USA TODAY Sports Le milieu de terrain Samuel Piette se bat avec Hébert du NYCFC pour la possession de balle, samedi.

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Pourtant, ce devait être la première vraie fin de semaine du printemps. On devait la passer tranquille, sans soucis. Samedi, l’Impact a complètement changé nos plans.

Parce que ce n’est pas seulement la défaite face au New York City FC qui nous a rendu de mauvaises humeurs, mais aussi la manière. Par son manque de passion et d’engagement, la performance des hommes de Rémi Garde nous a laissés dubitatifs.

Défensivement, on ne peut pas demander aux Montréalais de garder le score à zéro à tous les matchs. Avec cinq blanchissages à ses six derniers avant celui de samedi, le Bleu-blanc-noir s’était montré jusque-là irréprochable dans ce département.

Mais c’est le secteur offensif de l’Impact qui a failli à la tâche. Face au NYCFC, le manque d’énergie et de qualité vers l’avant n’aura conféré qu’un rôle de figurant à l’équipe.

Samedi, les Orji Okwonkwo et Harry Novillo nous ont donné quelques flashs offensifs. Mais ces moments, ils étaient pour le moins fugaces parce que l’ensemble de l’attaque est retombé en dormance assez rapidement.

Attention ! Le manque de constance offensif pourrait bien couler cette équipe d’ici la fin de l’année. Si on n’apporte pas les ajustements nécessaires, la place au classement pourrait en pâtir.

Piatti en hausse

De façon un peu absurde, chaque minute que Nacho Piatti passe loin du terrain contribue à augmenter sa valeur pour l’Impact. Si ça continue à ce rythme, le XI montréalais devra assurément tenter de le convaincre de revenir l’an prochain parce que sans lui, il est on ne peut plus démuni offensivement.

Au bas mot, ce n’est pas seulement le manque de but qui accable l’Impact, mais son manque de créativité vers l’avant. Contre le NYCFC, le Bleu-blanc-noir a peiné à se créer une seule vraie occasion de marquer. Imaginez-vous, à domicile, les hommes de Garde n’ont pas été en mesure de cadrer un seul de leurs tirs.

En somme, l’attaque de l’Impact peut se décrire par un mot : platte. On pourrait aussi dire monotone ou flatte. Ça brûle les yeux tellement c’est ennuyant à regarder.

Système de jeu

Personnellement, je suis très content que l’Impact ait mis cette année l’accent sur le côté défensif de leur jeu. Ces dernières années, c’était un problème endémique pour le XI montréalais.

Malgré ces bonnes intentions et cette nette amélioration, je soulignerais qu’il faut tout de même être en mesure de marcher et mâcher de la gomme en même temps. Ce n’est pas parce que tu améliores une facette du jeu que tu dois en sacrifier une autre.

Dans le soccer moderne, il faut, pour reprendre l’expression consacrée, « être bon dans les deux sens » du terrain.

Ma solution pour améliorer le jeu offensif du Bleu-blanc-noir ? Je crois que les attaquants doivent jouer plus haut sur le terrain.

En somme, les attaquants font des courses à l’extérieur de la surface, mais jamais vraiment à l’intérieur de celle-ci où les buts sont en grande majorité marqués. Les courses doivent donc être plus verticales qu’horizontales.

En ce sens, Maxi Urruti est l’exemple de ce que j’avance. L’attaquant argentin court beaucoup, mais pas assez de course vers le but adverse.

Mais je ne voudrais pas trop l’accabler. Urruti semble accomplir ce que les entraîneurs lui demandent. On pourrait bien mettre 50 attaquants sur le jeu, si on leur demande en priorité de défendre, ils ne marqueront pas nécessairement plus de buts.

Lire entre les lignes

Ce matin, l’Impact est toujours troisième au classement de l’est de la MLS. Dans les circonstances, c’est un excellent résultat.

Mais les performances ont été juste assez bonnes pour ramasser des points. « Juste assez ». Au tiers de la saison, j’en éprouve une certaine inquiétude.

Après le match de samedi, Garde a su trouver des formules positives pour commenter la performance de ses joueurs. Toutefois, s’il remet les choses en perspectives, il sait très bien que jusqu’ici, ils se sont surpassés. Sur une courte période, ce genre résultat peut arriver. Mais sur une saison, les statistiques tendent à se corriger d’elles-mêmes.

Demain, face aux Red Bulls, j’espère au moins que l’Impact montrera énergie et passion. Parce que, on l’a vu samedi sans Piatti, leur talent ne suffit pas.