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Therrien: une belle découverte

Canadiens c Rangers
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Avec le Canadien, Michel Therrien n’avait pas une équipe capable de rivaliser avec les meilleures.

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Je me souviens exactement des trois dernières fois que j’ai parlé à Michel Therrien. Ça se passait sur le parvis de Notre-Dame à Montréal juste avant les funérailles de René Angélil. Le matin, j’avais écrit que Michel Therrien donnait des signes de coach fatigué et Big Mike, toujours aussi fier, ne l’avait pas pris.

La conversation avait pris une tournure musclée et c’est sa conjointe Josée Tremblay et Lady Ju qui avaient calmé le jeu. Genre, c’est les funérailles de René Angélil, calmez-vous le pompon les p’tits gars.

Dans le fond, ce n’était pas grave, ça fait partie de la game. On ne peut pas écrire ce qu’on pense dans ce métier sans écraser quelques orteils. Sinon, aussi bien être relationniste.

Et passer une saison sans parler au coach du Canadien ne change rien aux affaires. Il ne dit jamais rien, il est trop bien « encadré ».

Grâce à Jean Pascal

Presque deux ans plus tard, on s’est retrouvé avec Jean-Charles Lajoie et Bob Hartley ringside pour le combat entre Jean Pascal et Ahmed Elbiali dans un champ de patates à Miami. En fait, peut-être à cause de Bob Hartley, toujours pince-sans-rire ou de Jici qui flottait sur un nuage sans doute à cause de Jean Pascal, on a repris notre conversation, mais dans un autre registre.

Complètement différent. Hé ! La vie continue et ce qui était dramatique sur le parvis d’une basilique devenait anodin sur une ancienne piste de course délabrée dans un quartier cubain de Miami.

Et puis, l’hiver dernier (ça donne une marge de manœuvre de six mois !!!), je me rendais à TVA quand j’ai écouté une chronique de Therrien au 91,9. Je l’écoutais déjà presque chaque jour et j’étais souvent impressionné par sa façon de flairer instinctivement le collectif d’une équipe. Il avait le don de faire comprendre comment un groupe de jeunes hommes réagissaient dans telle ou telle situation.

Libéré de la pression

Cet après-midi-là, Therrien avait été particulièrement brillant. Il devait commenter un sujet qui touchait directement les décisions du Canadien. Il avait dit ce qu’il pensait, mais en pondérant bien son opinion et en trouvant les bons mots pour faire passer son message sans insulter qui que ce soit. Du grand art.

Tellement que je l’avais appelé tout de suite après en Floride. C’était la première fois que je me permettais cette familiarité avec lui en 20 ans. Mais je tenais à lui dire combien j’avais été impressionné.

J’ai continué à l’écouter et j’ai redécouvert un entraîneur... et surtout un homme enfin libéré de la pression du coaching. J’oserais écrire que j’ai beaucoup appris sur les petits détails qui font pencher un vestiaire dans le bon sens. Chaque entraîneur a ses trucs. Mais ils n’ont pas l’occasion de les faire connaître tant qu’ils ne sont pas congédiés.

Et puis, en vérifiant soigneusement les statistiques des différents séjours de Michel Therrien dans la Ligue nationale, j’ai vite oublié le gros marabout de son premier stage chez le Canadien. C’est simple, il n’avait pas une équipe capable de rivaliser avec les meilleures.

Des hommes de hockey

À Pittsburgh, il a viré bout pour bout une équipe qui n’allait nulle part et à son retour à Montréal, il a donné les meilleurs classements au Canadien en une décennie. Quand il a été congédié, il avait une fiche de 31 victoires et

19 défaites. Le CH était en première place dans sa division.

Je ne dis pas que les Flyers viennent d’embaucher l’inventeur du bouton à quatre trous. Mais je dis qu’avec Alain Vigneault et Mike Yeo, cette équipe va être dirigée par de vrais hommes de hockey. L’instinct de bagarreur de rue de Michel Therrien va très bien servir un coach comme Alain Vigneault.

Pas certain que le Canadien va terminer devant les Flyers...