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Travailler pour le Canadien ouvre des portes

Travailler pour le Canadien ouvre des portes
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Les anciens du Canadien ont encore la cote en matière de gestion dans la Ligue nationale de hockey. Voilà que Michel Therrien rejoint Alain Vigneault à Philadelphie, où il agira en qualité d’entraîneur adjoint. Mathieu Darche cumulera, quant à lui, les fonctions de directeur des opérations hockey chez le Lightning de Tampa Bay. 

La nomination de Darche n’est pas vraiment étonnante. Il était écrit dans le ciel qu’il travaillerait un jour pour Julien BriseBois. 

Celle de Therrien l’est un peu plus. Ce ne sont pas tous les entraîneurs en chef de carrière qui acceptent de faire un pas en arrière pour retourner dans le milieu. 

Pat Burns
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Pat Burns

Question de confiance 

Certains facteurs permettaient, par contre, une association entre Vigneault et Therrien. D’abord, les deux hommes se connaissent bien. 

Deuxièmement, certains entraîneurs ne craignent pas de s’entourer d’hommes compétents pour les appuyer dans leur travail. 

On compte plusieurs anciens entraîneurs en chef dans des rôles d’adjoint dans la LNH. Outre Therrien, on retrouve Kirk Muller à Montréal, Jacques Martin à Pittsburgh, Larry Robinson à Saint Louis, Rick Bowness à Dallas et Todd Richards à Tampa. Guy Boucher avait embauché Marc Crawford comme adjoint avec les Sénateurs d’Ottawa. 

Larry Robinson
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Larry Robinson

Pas un mais deux! 

À sa dernière saison derrière le banc des Rangers, Vigneault fut secondé par Lindy Ruff, qui a dirigé les Sabres de Buffalo durant une quinzaine d’années et les Stars de Dallas pendant quatre saisons. 

Ruff, qui est resté à New York pour travailler aux côtés de David Quinn, fait d’ailleurs partie du personnel d’entraîneurs adjoints de Vigneault en vue du championnat du monde, qui se mettra en branle vendredi en Slovaquie. 

En plus de Therrien, Vigneault a retenu les services de Mike Yeo, qui a été congédié comme entraîneur en chef des Blues de Saint Louis. Yeo a dirigé aussi le Wild du Minnesota. 

Ironie du sort, ce dernier a travaillé sous les ordres de Michel Therrien avec les Penguins de Pittsburgh. Les deux étaient venus à deux victoires de remporter la Coupe Stanley, en 2008. 

Jacques Lemaire
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Jacques Lemaire

Si tu peux diriger à Montréal... 

L’arrivée de Vigneault et de Therrien chez les Flyers témoigne de la réputation que les anciens entraîneurs du Canadien possèdent à travers la LNH. 

Ça ouvre des portes. 

Montréal est au hockey ce que New York est pour la planète comme Frank Sinatra le chante dans New York New York. C’est ce que m’avait dit Lou Lamorello un jour, la comparaison en moins. 

«Quand tu as dirigé le Canadien, tu peux être entraîneur partout», m’avait expliqué le bon vieux Lou. Lamoriello a embauché Jacques Lemaire et Pat Burns, qui ont tous les deux mené les Devils du New Jersey à la Coupe Stanley. Lemaire l’a suivi avec les Maple Leafs de Toronto et il est à son service aujourd’hui avec les Islanders de New York. 

Larry Robinson, qui avait servi comme adjoint à Lemaire avant de tenter sa chance dans le rôle d’entraîneur en chef des Kings de Los Angeles, était le patron derrière le banc lorsque les Devils ont remporté leur deuxième coupe. 

Lamoriello a fait également appel à Claude Julien, qu’il avait toutefois congédié mystérieusement alors que les Devils totalisaient 102 points avec trois matchs à disputer en saison régulière, en 2007. 

Quatre ans plus tard, Julien conduisait les Bruins aux grands honneurs. 

À quand la coupe? 

Vigneault et Therrien sont les seuls anciens entraîneurs du Canadien actifs à avoir commencé leur carrière dans la LNH à Montréal en quête d’un premier championnat. Mais tout comme Therrien, Vigneault est venu très près. 

Dans son cas, ce fut une première fois en 2011 avec les Canucks de Vancouver, qui s’étaient inclinés en sept matchs devant les Bruins de son bon ami Julien. 

En 2014, il avait vu ses Rangers s’avouer vaincus par les Kings de Los Angeles en cinq rencontres. Il va peut-être réaliser son rêve avec Therrien à Philadelphie. 

Darche heureux de rejoindre BriseBois à Tampa Bay 

Mathieu Darche
Photo d’archives, Martin Chevalier
Mathieu Darche

Julien BriseBois et Mathieu Darche étaient destinés à travailler ensemble un jour. Le plus drôle est que BriseBois n’avait jamais évoqué cette possibilité avec Darche malgré leur amitié de longue date et leurs points en commun. 

«On allait souper ensemble avec nos conjointes ou avec des amis, mais on ne parlait jamais de perspective d’avenir, de raconter Darche après l’annonce de sa nomination à titre de directeur des opérations hockey du Lightning de Tampa Bay, hier. 

«Mais comme mon frère Jean-Philippe me l’a dit : Ça fait sept ans que Julien te passe en entrevue!» 

Tout a commencé à Hamilton 

C’est BriseBois qui, dans son ancien rôle de directeur général des Bulldogs de Hamilton, avait amené Darche avec l’équipe-école du Canadien de l’époque. Il voulait un grand frère pour aider les espoirs de l’organisation. 

Guy Boucher venait d’être promu au poste d’entraîneur en chef de l’équipe. Il avait retenu les services de Martin Raymond, qu’il avait connu avec les Redmen de McGill, pour le seconder. 

Il y a quelques années, BriseBois, Darche et Boucher avaient été vus dans un restaurant de Boucherville, ce qui avait donné libre cours à des rumeurs de toutes sortes. On les voyait ensemble avec la future équipe de Québec. 

«Ça m’avait rappelé que Montréal est une petite ville quand il est question de hockey», de dire Darche en riant. 

Vas-y papa! 

Lors de la série opposant le Lightning aux Blue Jackets de Columbus, mon collègue Jonathan Bernier avait aperçu Darche à un match. L’ancien porte-couleurs du CH s’était dit en vacances, mais quelque chose se préparait. 

«Je suis allé là-bas avec ma femme et mes enfants pour voir ce que le marché immobilier et les écoles avaient à nous offrir, de raconter Darche. 

«Les discussions entre moi et Julien se sont poursuivies entre trois et quatre semaines. Il y avait l’aspect familial à considérer. Mon aîné de 16 ans m’a dit de saisir ma chance, car une telle occasion pourrait ne pas se représenter. 

«Mon plus jeune, qui a 14 ans, était plus ou moins entiché. Il ne voulait pas perdre ses amis.» 

Finalement, Darche a décidé de plonger. Il terminera d’abord ses obligations avec la firme Delmar, qui est spécialisée en courtage douanier. 

«La compagnie m’a toujours très bien traité, d’indiquer Darche. Je vais assurer la transition d’ici à ce je commence à mon poste avec le Lightning.» 

Bonne préparation 

Lorsqu’il jouait avec le Canadien, Darche disait être intéressé à travailler dans le hockey dans un poste de gestionnaire après sa carrière. 

BriseBois en avait sûrement pris note. 

Lors du dernier conflit de travail dans la LNH, Darche faisait partie du comité de négociations de l’Association des joueurs. Ce travail lui a permis d’apprendre la convention collective sur le bout de ses doigts. 

Son travail sera le même avec le Lightning que celui de BriseBois à ses débuts dans l’organisation du CH. Il s’occupera du budget des opérations hockey et des négociations de contrat avec les joueurs. 

«Il n’y a pas de meilleur endroit où commencer, de continuer Darche. 

«Le Lightning est une bonne organisation. Mathieu Garon demeure dans la rue où on aura notre maison. Julien n’est pas loin. Je connais Vincent Lecavalier avec qui j’ai joué lors de la saison que j’ai disputée avec le Lightning. 

«Y a pire!»