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Un ex-cadre de Genivar coupable de collusion

Il a changé d’idée devant l’Ordre des ingénieurs

Yves Lortie n’a pas eu à témoigner devant le conseil de discipline de son ordre professionnel après avoir admis hier qu’il avait toléré la collusion à Montréal.
Photo Chantal Poirier Yves Lortie n’a pas eu à témoigner devant le conseil de discipline de son ordre professionnel après avoir admis hier qu’il avait toléré la collusion à Montréal.

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Après avoir nié catégoriquement les accusations pesant contre lui, un ancien haut dirigeant de la firme de génie-conseil Genivar se reconnaît coupable devant son ordre professionnel d’avoir été impliqué dans la collusion à Montréal durant les années 2000.

Après deux jours d’audiences devant le conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs (OIQ) et de multiples tractations, Yves Lortie a finalement reconnu mardi « avoir recouru à des procédés malhonnêtes ou douteux, en tolérant un système de partage des contrats permettant de contourner le processus d’appel d’offres de la Ville de Montréal ».

L’ancien vice-président des infrastructures urbaines et du transport de Genivar a également admis avoir apposé «sa signature sur deux factures [...] pour qu'elles soient imputées à d'autres projets alors qu'il savait que ces factures n'avait aucun lien avec les projets et qu'elles n'auraient pas dû y être imputées».

L’ingénieur qui vit et travaille aujourd’hui aux Bermudes avait pourtant affirmé la veille par la voix de son avocate qu’il contestait « vigoureusement » les accusations.

Mais le retrait de deux chefs d’accusation et le remplacement du terme « participant » par « tolérant » (le système de partage des contrats) l’ont fait changer d’avis.

« Un compromis, c’est un compromis », a brièvement commenté M. Lortie.

Lundi, le syndic de l’OIQ, Réal Giroux, a raconté ce que son équipe d’enquêteurs avait découvert depuis 2013, après les révélations faites devant la commission Charbonneau (sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction).

Il a expliqué que la collusion à Montréal impliquait 12 firmes, dont Genivar.

« Monsieur 3 % »

Selon lui, Bernard Trépanier, surnommé « Monsieur 3 % » et très proche de l’administration municipale de l’époque, déterminait à l’avance l’octroi des contrats, en concertation avec l’ex-président de la firme Genius, Michel Lalonde.

En échange des faveurs de M. Trépanier, les firmes remettaient un montant fixe – autour de 200 000 $ par an pour une grosse firme comme Genivar – au parti du maire Gérald Tremblay.

Aussi, pour se procurer ces grosses sommes en argent comptant sans laisser de traces, les firmes faisaient de la fausse facturation.

En plaidant coupable, Yves Lortie a évité à une quinzaine de témoins, dont Michel Lalonde, de venir témoigner devant l’Ordre des ingénieurs.


► La sanction qui lui sera infligée sera discutée le 23 septembre.