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Chercher les coupables

Chercher les coupables
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Il faut toujours trouver un coupable. C’est vrai pour vous, c’est vrai pour moi, c’est vrai pour tout le monde. Que ce soit devant une intrigue policière à la télévision ou face au classique «qui a volé mon lunch?» au bureau, peu importe la situation, c’est un réflexe très humain que de chercher un coupable.

Évidemment dans certains cas, le désir et la nécessité de trouver un coupable est exacerbé devant la sévérité de la situation. Vous devez vous douter de quoi je parle, bien entendu, le drame de la fillette de Granby qui nous a tous secoués dans les dernières semaines.

Le sujet est sur toutes les tribunes, toutes les lèvres. En plus de la belle-mère et du père qui sont accusés, qui d’autres pourraient être visés pour ce drame? Qui a bien pu laisser ça se passer? Devant des faits qui semblent si clairs et si évidents, comment se fait-il que personne n’ait levé la main pour souligner l’horreur et le drame dont cette fillette était victime?

Au fil des jours, nous avons compris que beaucoup de gens avaient levé la main. Des personnes de la famille, de l’école et j’en passe. Mais même devant des certitudes, même devant la plus grande des volontés, personne n’est plus fort que la loi.

Les lois qui entourent les institutions comme la DPJ, en plus de dater de plusieurs dizaines d’années, sont gérées par des gens à qui on ne donne pas les ressources nécessaires. Des gens qui travaillent de tout leur cœur et qui aimeraient pouvoir sauver le monde, mais qui sont ensevelis sous des tonnes de dossiers. La vraie question est peut-être plus : « Comment en sommes-nous arrivés là? »

Pourquoi les coupures budgétaires sont toujours faites au profit des gens les plus vulnérables? Cette augmentation des demandes à la DPJ, n’est pas arrivée du jour au lendemain. Nous aurions dû voir la vague venir, nous aurions dû augmenter le nombre de postes, le nombre d’évaluateurs, nous aurions dû aider les gens avant qu’ils en aient trop besoin.

Mais nous en avons décidé autrement. J’emploie délibérément le nous pour expliquer mon point. Je crois que ce sont des choix de société qui nous ont menés devant ce genre de drame. Comprenez-moi bien, je ne suis pas en train de dire que nous sommes individuellement coupables de l’horreur dont nous avons été témoins dernièrement, je crois seulement que nous avons la responsabilité que ce genre de situation soit devenue possible.

Comment pourrons-nous y changer quelque chose? Tout comme vous, je ne le sais pas exactement. J’essaie aujourd’hui d’utiliser la petite tribune que j’ai pour nous rappeler qu’on ne devrait jamais chercher à économiser sur le dos de la vulnérabilité. C’est vrai pour les enfants, c’est vrai pour les personnes âgées, c’est vrai pour les malades et j’en passe.

J’espère seulement que le dégout qui nous habite tous depuis quelques jours, pourra faire avancer les choses. Rééquilibrer la balance, trop souvent erronée, de la justice.