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Mark Norman dit avoir toujours confiance dans le système de justice

Mark Norman
Photo courtoisie, Ministère de la Défense nationale Mark Norman

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OTTAWA – Bien qu’il ait dû défendre son intégrité pendant des mois face à une accusation d’abus de confiance qui a finalement été suspendue, mercredi, l’ex-numéro 2 de l’armée canadienne Mark Norman croit toujours en l’indépendance du système judiciaire.

Le vice-amiral Norman a été suspendu de ses fonctions en janvier 2017, après avoir été accusé en cour criminelle d’avoir volontairement coulé des informations confidentielles favorisant le chantier Davie de Lévis au sujet du projet de conversion d'un navire-porte-conteneur en navire ravitailleur, l'«Astérix».

«J’ai et je continue d’avoir confiance en notre système judiciaire [...] en dépit de ce qui s’est passé pour moi et ma famille», a soutenu mercredi le vice-amiral, quelques heures après que le Service des poursuites pénales du Canada (SPPC) eut mis fin à la poursuite contre lui.

M. Norman a toutefois soutenu avoir été ébranlé par «des membres de haut niveau du gouvernement» qui ont, semble-t-il, tenu pour acquis qu’il était coupable.

La Davie avait obtenu le contrat d’une valeur estimée à 700 millions $ sous l’ex-gouvernement de Stephen Harper, en 2015, mais le gouvernement Trudeau a ensuite revu son octroi après une plainte d’une entreprise concurrente, Irving, mais sans l’annuler.

La décision de suspendre l'accusation contre le vice-amiral Norman, mercredi, survient à environ cinq mois des élections fédérales. Certains députés des partis d’opposition, sur la colline parlementaire, ont ainsi laissé entendre que le gouvernement Trudeau est intervenu pour éviter un procès qui aurait pu le placer dans l’embarras.

La procureure qui a annoncé la décision du SPPC a précisé qu’«aucune forme d’ingérence que ce soit» n’a été exercée dans ce dossier.

Se disant «soulagé» d’être exonéré, M. Norman a promis de raconter son histoire aux Canadiens dans les jours à venir, ajoutant qu’il s’attendait à réintégrer ses fonctions «immédiatement» à la tête de la Marine royale canadienne.

Le chef d’état-major de la défense, le général Jonathan Vance, a indiqué par communiqué qu'il discutera «dès que possible» du retour en poste de M. Norman.

«Le vice-amiral Norman nous a bien manqué, et j’attends avec impatience l’occasion de l’accueillir à nouveau dans ses fonctions dès que possible», a-t-il dit.

Des flèches

S’il a réitéré sa confiance dans le système de justice canadien, M. Norman a décoché quelques flèches à l’endroit du processus d’approvisionnement du ministère de la Défense nationale.

«C’est un processus très compliqué et ultimement dégoûtant, a-t-il dit. Ce qui se passe à l’intérieur de ce [système] est difficile à expliquer.»

Son avocate Marie Henein a pour sa part accusé la garde rapprochée du premier ministre Justin Trudeau d’avoir nui aux procédures judiciaires en empêchant la divulgation de documents que la défense souhaitait obtenir pour appuyer son argumentaire.

«À ce jour, en raison des positions prises par le Bureau du premier ministre et le Bureau du Conseil privé, M. Norman n’a toujours pas eu accès à ses propres documents», a-t-elle déploré.

Le chef conservateur Andrew Scheer a sauté sur l’occasion pour accuser M. Trudeau d’ingérence politique et «de tactiques comparables à celles de l’affaire SNC-Lavalin». Le chef néodémocrate Jagmeet Singh a de son côté exigé la tenue d’une enquête indépendante.