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Quel avenir attend les Blue Jackets?

L’histoire retiendra qu’ils ont perdu leur pari

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Photo AFP

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Il n’y a pas de trophée pour une équipe qui a remporté une ronde dans les séries de la Coupe Stanley. C’est le directeur général des Blue Jackets de Columbus, Jarmo Kekalainen, qui l’a dit après l’élimination de son équipe aux mains des Bruins de Boston. 

Les Blue Jackets n’avaient pas éliminé n’importe qui au premier tour. Ce sont eux qui ressemblaient à une formation ayant remporté 62 victoires et récolté 128 points en saison régulière face au Lightning de Tampa Bay.  

Les attentes étaient donc grandes en deuxième ronde. Les Blue Jackets étaient soudainement devenus des prétendants aux grands honneurs.  

La situation augurait bien après trois matchs. Puis, tout s’est effondré comme un château de cartes.  

Décision des propriétaires?  

Considérant les additions importantes que Kekalainen a apportées à sa formation avant la date limite des transactions, à la fin de février, l’histoire retiendra que le DG des Blue Jackets a joué le tout pour le tout et qu’il a perdu.  

Ainsi va le sport quand vous ne gagnez pas.  

Or, il y a lieu de se demander si la prise de position de Kekalainen ne lui a pas été fortement suggérée par ses supérieurs, plus précisément les propriétaires.  

Les Blue Jackets ne comptaient que quatre participations en séries à leurs 17 premières saisons dans la LNH avant cette saison. Ils avaient subi l’élimination au premier tour chaque fois.  

Il semble que l’on se soit dit dans les hautes sphères de l’organisation que les choses devaient changer cette année. Un slogan disant Le moment est arrivé (It’s time) a été adopté pour les séries. Les Blue Jackets voulaient créer un buzz à Columbus.  

Homme de recrutement  

Kekalainen était-il vraiment prêt à céder les nombreux choix au repêchage qu’il a cédés aux Sénateurs d’Ottawa pour mettre la main sur Matt Duchene et Ryan Dzingel? 

Matt Duchene
Photo USA TODAY Sports
Matt Duchene

On parle d’un homme qui a le recrutement dans le sang et qui montre un bon palmarès en cette matière. On lui impute les sélections de Marian Hossa et de Martin Havlat alors qu’il était à l’emploi des Sénateurs d’Ottawa.  

Les Blues de Saint Louis ont repêché Alex Pietrangelo, T.J. Oshie, Patrick Berglund, David Perron et David Backes lorsqu’il était leur directeur du recrutement.  

Au grand étonnement de plusieurs, les Blue Jackets ont préféré Pierre-Luc Dubois au Finlandais Jesse Puljujarvi au troisième rang du repêchage de 2016. Kekalainen avait confié au collègue Jean-François Chaumont dans les jours précédant le repêchage qu’il ne fallait pas déduire qu’il opterait pour le joueur européen parce qu’il vient lui-même du Vieux Continent. Il avait dit aimer la fougue de Dubois.  

Dieu sait s’il a eu raison de ne pas choisir Puljujarvi!  

Bataille jusqu’au 81e match  

Les Blue Jackets bataillaient pour une place dans les séries lorsqu’ils ont transigé avec les Sénateurs et ont dû combattre jusqu’à leur avant-dernier match pour se qualifier.  

L’acquisition de Duchene a coûté deux jeunes joueurs, Vitaly Abramov et Jonathan Davidsson, et un choix de premier tour au repêchage de juin prochain.  

Un premier choix s’ajoutera l’an prochain si Duchene s’entend sur les modalités d’un nouveau contrat avec les Blue Jackets.  

Pour obtenir Dzingel, Kekalainen a cédé son choix de deuxième tour au prochain repêchage ainsi que celui de deuxième ronde l’an prochain, en plus d’Anthony Duclair.  

Évidemment, il faudra voir ce que les joueurs repêchés par les Sénateurs seront en mesure de leur apporter. Mais si Duchene et Dzingel deviennent joueurs autonomes sans compensation, le pari aura coûté cher. 

Sergei Bobrovsky
Photo Martin Chevalier
Sergei Bobrovsky

Déjà que l’on s’entend pour dire depuis des mois que Sergei Bobrovsky et Artemi Panarin vont mettre les voiles.  

Bon noyau en place  

Mais tout n’est pas perdu.  

Les Blue Jackets misent sur une brigade défensive solide avec Seth Jones (24 ans), Zach Werenski (21 ans), David Savard (28 ans) et Ryan Murray (25 ans), qui semblait avoir débloqué avant de subir une blessure qui a mis fin à sa saison en février.  

On dit beaucoup de bien du gardien letton Elvis Merzlikins, un choix de troisième ronde au repêchage de 2016 qu’ils ont mis sous contrat en mars. Depuis six ans, ce dernier évoluait avec la formation de Lugano, dans la Ligue nationale A de Suisse.  

On retrouve aussi de bons attaquants avec Nick Foligno (31 ans), Cam Atkinson (29 ans), Boone Jenner (25 ans), Josh Anderson (25 ans), Oliver Bjorkstrand (24 ans) et la recrue d’origine française Alexandre Texier (19 ans).  

Ce sont les prochaines années qui décideront du sort de Kekalainen.

Mouvements à prévoir  

On peut s’attendre à beaucoup de mouvements de personnel chez les Blue Jackets d’ici la prochaine saison.  

Une rumeur toute chaude voudrait que le président John Davidson soit pressenti pour succéder à Glen Sather à la présidence des Rangers.  

New York, c’est la ville de Davidson. Il y a vécu plusieurs années, d’abord comme gardien des Rangers, puis comme commentateur avant de devenir président des Blues de Saint Louis, puis des Blue Jackets.  

On entend aussi depuis des mois que le gardien Sergei Bobrovsky et l’attaquant Artemi Panarin profiteront de leur autonomie pour se joindre aux Panthers de la Floride.  

Roberto Luongo a franchi la quarantaine le mois dernier. Il veut poursuivre sa carrière puisqu’il reste trois ans au contrat de 12 ans qu’il avait signé avec les Canucks de Vancouver.  

Il touchera moins de deux millions annuellement au cours de cette période, mais la portion applicable sur la masse salariale demeurera à 5,3 millions.  

Quant à James Reimer, il ne devrait pas revenir la saison prochaine. Le Québécois Sam Montembault, qui aura 23 ans en octobre, a pour sa part disputé une dizaine de matchs avec les Panthers au cours de la dernière saison.  

Panarin demanderait 12 M$  

En ce qui a trait à Panarin, les spéculations se sont amplifiées depuis que Joel Quenneville, son premier entraîneur dans la Ligue nationale, a succédé à Bob Boughner chez les Panthers.  

Or, un membre de cette organisation m’a dit dans les derniers jours de la saison régulière que la venue de Panarin est loin d’être chose faite.  

Premièrement, il y a ses demandes salariales. Panarin exigerait pas moins de 12 millions par saison. Deuxièmement, m’avait dit mon interlocuteur, les Panthers n’ont pas besoin d’un joueur comme Panarin. 

L’équipe compte de bons attaquants en Aleksander Barkov, Jonathan Huberdeau, Mike Hoffman, Evgenii Dadonov et Frank Vatrano. Les défenseurs Aaron Ekblad et Keith Yandle apportent une bonne contribution offensive.  

La personne qui me parlait priorisait l’embauche d’un entraîneur qui serait capable d’implanter une structure de jeu.  

«En deux ans avec notre entraîneur actuel, nos joueurs n’ont jamais appris à bien jouer en défense», déplorait-il.  

À la fin de la saison, Boughner était remercié après deux saisons derrière le banc pour faire place à Quenneville.