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Sommet du repreneuriat à Québec: une vague de transferts anticipée

Transférer une entreprise peut être un processus très émotionnel pour ses dirigeants, selon Andrew Molson, président de RES Publica, pour qui le respect et l’écoute sont deux valeurs importantes.
Photo Stevens LeBlanc Transférer une entreprise peut être un processus très émotionnel pour ses dirigeants, selon Andrew Molson, président de RES Publica, pour qui le respect et l’écoute sont deux valeurs importantes.

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D’ici à 2022, on estime que 37 000 propriétaires de PME prendront leur retraite, ce qui aura des impacts économiques considérables si on ne trouve pas de repreneurs.

«C’est clair qu’on est soucieux de cela comme gouvernement», a réagi Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation, en marge du Sommet international du repreneuriat présenté à Québec, mercredi. 

«Il faut permettre un transfert plus facile à l’intérieur de la compagnie existante au lieu d’entreprendre des processus de vente qui peuvent mener à des pertes d’emploi ou, ultimement, à des relocalisations du bureau-chef à l’extérieur du Québec», a-t-il ajouté. 

Un rapport mené par deux professeurs de l’École de gestion de l’Université du Québec à Trois-Rivières révèle qu’un propriétaire de PME sur quatre au Québec aurait l’intention de procéder à un transfert d’entreprise dans moins de cinq ans. 

Plus de la moitié d’entre eux privilégient le transfert à l’externe aux dépens d’un transfert interne ou familial, souvent pour des raisons fiscales ou de financement. 

Les frères Molson

«Ce n’est jamais facile le transfert familial. C’est sûr que dans notre famille, on a pu faire partie d’une succession de génération en génération, mais il y a beaucoup de chance là-dedans», a reconnu Andrew Molson qui incarne la 7e génération au sein cette grande famille d’entrepreneurs, propriétaire du Canadien de Montréal et toujours active dans la brasserie Molson Coors. 

Linda Goulet, PDG de Groupe Panda, a témoigné d’un parcours qui n’a pas toujours été facile pour elle au sein de l’entreprise fondée par son père en 1947. 

«Je ne voulais pas travailler pour mon père. À 19 ans, j’ai acheté ma première franchise. Finalement, à 23 ans, je travaillais avec mon père. Pas pour mon père», a-t-elle nuancé. 

Parmi les enjeux qui préoccupent, la question du financement revient souvent. 

«Nous sommes plusieurs propriétaires d’entreprise intéressés par un transfert qui ne peuvent pas considérer de vendre dans la famille parce que les jeunes n’ont pas l’argent», a-t-elle ajouté. 

Les inégalités fiscales, qui font en sorte qu’il est plus avantageux de vendre à un tiers plutôt qu'à ses enfants, n’aident pas à améliorer les choses. Le gouvernement du Québec a fait sa part à ce sujet, mais le fédéral se laisse encore tirer l’oreille.