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Michel Therrien avec les Flyers pour les bonnes raisons

Therrien et Vigneault auront l’occasion de remporter ensemble le trophée qui leur manque

Canadiens c Rangers
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Un peu plus de deux ans après avoir été remercié par le Canadien, Michel Therrien n’a pas hésité lorsqu’Alain Vigneault l’a invité à le seconder derrière le banc des Flyers de Philadelphie. «Je me sens parfaitement à l’aise de travailler à ses côtés», fait remarquer Therrien.

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Michel Therrien fait actuellement son pèlerinage annuel. Il se trouve quelque part sur la 95 Nord. Il rentre de Floride. Sa conjointe est revenue par avion, tandis que lui aime faire de la route. Il est dans sa bulle, il réfléchit.

Lorsqu’il passera à la hauteur de Philadelphie, aujourd’hui, il se dira que c’est là que sa carrière dans le coaching reprendra à l’automne.

Mais cette fois, il ne sera pas sur la ligne de feu. Il tiendra un rôle d’adjoint auprès de son bon ami Alain Vigneault, qui a été nommé entraîneur en chef des Flyers il y a trois semaines.

Avant ce moment, les deux étaient sans emploi dans le hockey. Vigneault depuis un an et Therrien depuis plus de deux ans.

Message

Peu après le congédiement de Vigneault par les Rangers l’an dernier, les deux se sont retrouvés avec leur conjointe autour d’une bonne table chez Vigneault. Ils ont évidemment parlé du métier.

Therrien n’avait reçu aucune offre depuis qu’il avait été remercié par le Canadien. Il meublait son temps en occupant un poste d’analyste au Réseau des sports et au 91,9 sports. Il était intéressant.

« J’ai dit à Alain qu’au point où j’en étais dans ma carrière, un poste d’adjoint était une chose que j’envisagerais si je travaillais avec lui.

C’est resté comme ça, car ni lui ni moi ne savions ce qui nous attendait à ce stade. D’un autre côté, on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve.

Alain est un gars pour qui j’ai beaucoup de respect. C’est un bon entraîneur. La chimie est bonne entre nous. »

Les deux avaient déjà travaillé ensemble à distance, Vigneault comme entraîneur en chef du Canadien et Therrien en tant que patron derrière le banc du club-école du Tricolore, d’abord avec les Canadiens de Fredericton et ensuite avec les Citadelles de Québec.

Lorsque Réjean Houle a dégommé Vigneault, il l’a remplacé par Therrien. Ce que Houle ne savait pas, c’est qu’il allait passer lui-même à la trappe quelques heures plus tard. André Savard lui a succédé au poste de directeur général.

Le confident de tout le monde

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis. Therrien et Vigneault ont fait tous les deux un pas en arrière pour revenir dans la Ligue nationale.

Therrien est passé par la Ligue américaine avant de diriger les Penguins de Pittsburgh et le Canadien une deuxième fois.

Vigneault est retourné dans les rangs juniors deux fois et a fait lui aussi un stage dans la Ligue américaine avant de piloter les Canucks de Vancouver et les Rangers.

On a de la misère à imaginer Therrien dans un rôle d’adjoint. Il est fait pour mener. Il ne s’est jamais gêné pour brasser. Maintenant, il devra servir de tampon entre Vigneault et les joueurs des Flyers.

« C’est la définition de tâche d’un adjoint, dit-il. Il faut toujours un bon et un bad cop au sein d’un personnel d’entraîneurs. Tu dois parfois taper les joueurs dans le dos. Tu dois leur faire comprendre le message du coach.

L’adjoint doit être à l’écoute des joueurs, mais il doit tendre l’oreille aussi aux doléances de son patron. Un entraîneur en chef vit lui aussi des frustrations.

À cet égard, Gerard Gallant était vraiment un adjoint spécial. Il est retourné dans le junior (Sea Dogs de Saint John) après avoir dirigé dans la Ligue nationale (Blue Jackets de Columbus). J’ai eu recours à ses services au maximum. Car le but, à la fin, c’est gagner. »

La conquête ultime

C’est ce qui fait carburer les entraîneurs et qui leur permet de gagner leur vie.

Therrien est venu à deux victoires de remporter la coupe Stanley avec les Penguins de Pittsburgh. Vigneault a mené les Canucks et les Rangers à la finale.

« Alain et moi partageons essentiellement la même vision dans la façon de diriger une équipe de hockey », continue Therrien.

« Je me sens parfaitement à l’aise de travailler à ses côtés. C’est important. On se donne une occasion de gagner le trophée qui nous manque, on se donne une occasion de gagner la coupe Stanley. Je m’en vais à Philadelphie pour les bonnes raisons. »

Therrien avait des propositions d’équipes européennes sur la table lorsque les Flyers ont fait appel à Vigneault. Mais quand celui-ci lui a donné un coup de fil pour s’enquérir de son intérêt et de sa disponibilité, Therrien n’a fait ni un ni deux.

Bonne organisation

Les Flyers ont la réputation d’être une bonne organisation.

« Ils ont une bonne fondation, dit Therrien. Ils ont aussi de bons hommes en place. Chuck Fletcher (le directeur général) était l’adjoint de Ray Shero quand les Penguins ont remporté la coupe Stanley l’année suivant mon départ. Mike Yeo faisait partie du personnel d’adjoints.

Le fait de connaître tous ces gens va m’aider dans ma transition. »

Vigneault (16), Yeo (8) et lui (12) totalisent 36 années d’expérience comme entraîneur en chef dans la LNH.

Il va y avoir du brassage d’idées derrière le banc !

Vigneault a annoncé hier que Therrien aura la responsabilité des attaquants et de l’attaque massive, tandis que Yeo veillera sur les défenseurs et le travail en infériorité numérique.

Ian Laperrière, qui faisait déjà partie du personnel d’adjoints depuis cinq ans, va en apprendre beaucoup sur le métier.

« Je ne le connais pas personnellement, mais tout ce que j’entends à son sujet est positif », ajoute Therrien.

« On sait quel type de joueur il était. Il s’est donné beaucoup. On a besoin de ce genre de gars dans un personnel d’entraîneurs. »