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Le nom de la rose

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C’est aujourd’hui qu’ont lieu les funérailles de la « fillette de Granby ». Sans visage et sans nom — nous ne pouvons révéler son identité —, dans mon cœur, je l’ai nommée Rose. Face à la vie tragique de cette toute jeune fille de sept ans, martyrisée pendant des années par son père biologique et sa belle-mère, on reste encore sans mots.

La colère, elle, ne prend pas de répit. Colère envers le « système » des services sociaux qui ont refusé de l’extirper de sa famille toxique et violente.

Colère envers les juges qui n’ont rien vu de son état physique et psychologique lamentable. Colère contre la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de Granby, ce supposé « dernier recours » qui ne fut d’aucun secours pour la petite Rose.

Colère

Colère contre les réformes Barrette qui, pour les plus vulnérables, ont complètement déshumanisé tous les services sociaux au Québec. Colère contre le parti pris irresponsable du « système » pour le maintien des enfants dans leur famille biologique, même lorsque les parents sont dangereux.

Sachant aussi que de nombreux autres enfants souffrent de maltraitance derrière des portes closes et sans secours, la colère est franchement incontournable. Qu’arrive-t-il également aux autres enfants respectifs de son père et de sa mère biologiques ?

Repos

Or, cette colère n’est saine que si elle réussit à pousser le gouvernement de François Legault à faire un véritable ménage dans nos services sociaux, dans l’unique but de replacer ses « usagers » au sommet de ses priorités.

Aujourd’hui, Rose sera portée à son ultime repos. Depuis qu’à l’âge de 3 ans et demi le « système » l’a retirée de chez sa grand-mère paternelle pour la retourner à ses bourreaux, la réalité brutale est que le repos, elle n’en a jamais eu.

Repose en paix, belle Rose. Repose-toi, enfin. Prends ton envol. Nous ne laisserons pas le « système » s’en sortir à si bon compte.